Suite de notre enquête sur l’islam, avec ce mois-ci le P. Henri Boulad, jésuite, ancien directeur de Caritas-Égypte, qui est recteur du Collège de la Sainte-Famille au Caire.
1. L’islam est-il intrinsèquement mauvais et dangereux ? Est-il totalitaire ?
Si l’islam n’était qu’une religion, il n’y aurait aucun problème. En tant que religion, l’islam est hautement respectable. Son sens de l’absolue transcendance de Dieu et la totale soumission du croyant à sa volonté interpellent notre époque matérialiste et agnostique. Par ailleurs, le spectacle des croyants prosternés cinq fois par jour pour la prière a quelque chose de profondément émouvant.
Mais le gros problème, c’est que l’islam n’est pas qu’une religion : c’est un système global, globalisant ; total, totalisant, apte à devenir totalitaire. Et c’est là le danger.
L’islam est un tout : une foi et un culte, un horizon et une morale, un mode de vie et une vision du monde. Intransigeant, il offre le salut ou la perdition.
L’islam se perçoit comme LA vérité qui ne supporte pas le doute et ses adeptes forment « la meilleure des communautés » (Coran 3, 110). Cette vérité n’est pas uniquement d’ordre dogmatique, mais revêt des aspects pratiques, moraux et juridiques. Elle n’est pas seulement « ‘aqîda » (dogme), mais « charia » (Loi), qui a réponse à tout et prétend couvrir tous les aspects de la vie.
L’islam se veut à la fois religion, État et société. Il est ainsi depuis ses plus lointaines origines. Tout s’est joué lors du passage de La Mecque à Médine, l’Hégire (622), qui marque le début de l’ère musulmane, moment où Mahomet cessa d’être simple chef religieux pour devenir en même temps chef politique.
Depuis lors, religion et politique sont indissolublement liés. « L’islam est politique ou n’est rien », disait Khomeyni.
Dans l’islam se mêlent indissolublement le sacré et le profane, le spirituel et le temporel, le religieux et le civil, le public et le privé. L’islam couvre et embrasse tous les aspects de la vie et de la société. L’idée d’un islam laïc est en soi une hérésie et contredit son essence même. L’ancien roi du Maroc, Hassan II, ne déclarait-il pas un jour à la télévision française : « islam et laïcité son incompatibles. Nos immigrés ne s’intégreront jamais à votre société. » C’est un fait : l’islam a toujours été intégrateur, jamais intégré ; toujours assimilateur, jamais assimilé.
Mais l’islam est dangereux d’un autre point de vue : celui du djihâd. Celui-ci n’est pas un aspect marginal et accessoire. Il constitue l’une des principales obligations de l’Oumma (la communauté des croyants musulmans). On a voulu interpréter ce terme de façon réductrice, comme si le djihâd n’était qu’un combat spirituel et intérieur, un combat contre les passions et les mauvais instincts. Non, les textes sont clairs : il s’agit bel et bien d’un combat par l’épée (1).
Il y a dans l’islam l’idée de force, de puissance. Religion de la force, il s’impose souvent par la force et ne cède en général qu’à la force. C’est un fait qu’il s’est souvent étendu par la contrainte et la violence. D’ailleurs, sa doctrine classique divise le monde en deux : la demeure de l’islam et celle de la guerre…
2. L’islam a-t-il remplacé le communisme comme danger majeur pour l’Europe ?
À la lumière de tout ce qui précède, il est clair que l’islam représente un danger pour l’Europe, à l’instar de feu le communisme, car il s’agit de deux totalitarismes. Celui de l’islam est peut-être plus insidieux que l’autre, car il a derrière lui un passé prestigieux, se réclame directement de Dieu et a pour référence un Livre littéralement « descendu » du Ciel.
Le musulman a la certitude que Dieu est de son côté. Cette conviction a pour conséquence la froide détermination d’aboutir, de réussir un jour à conquérir le monde, envers et contre tout. Rien ne l’arrêtera.