Dans sa grande sagesse et bonté, il y a un an déjà, le pape Benoît XVI promulguait le motu proprio Summorum Ponfificum. Ce texte a bien évidemment toute la valeur d’un document pontifical ; mais il est bon de souligner que l’auteur est de surcroît un grand théologien (sans égal de nos jours) et un fin connaisseur de la liturgie et de son histoire (comme les nombreux ouvrages du cardinal Ratzinger nous l’avaient déjà révélé).
Ce motu proprio rappelle le statut du rite de la Messe, qui remonte à une époque antérieure à saint Grégoire le Grand et codifié par saint Pie V : il n’a jamais été abrogé et peut ainsi continuer à porter des fruits dans toutes les églises, séminaires, monastères et couvents de la catholicité.
La claire volonté du pape, en plus d’apaiser les tensions liées à la réforme liturgique de 1969-70 et parfois l’ostracisme vis-à-vis des prêtres et fidèles attachés à ce rite presque bimillénaire, était de rendre la liturgie à l’Église et l’Église à la liturgie, en soulignant, comme ses prédécesseurs l’avaient fait avant lui, la richesse doctrinale, pastorale, scripturaire, et – osons le dire – esthétique de la messe célébrée dans ce rite, richesses telles que c’eut été sacrilège de priver l’Église de ce trésor.
Un an après ce texte mémorable, il serait sans doute présomptueux d’affirmer que toutes les tensions et incompréhensions ont disparu, spécialement dans les pays où le poids des idéologies est encore très fort, et où les batailles ont été les plus âpres… Néanmoins, il faut se réjouir non seulement du texte lui-même, qui s’inscrit dans une dynamique de continuité, mais encore de l’accueil qui lui a été réservé dans de nombreux pays, tels les États-Unis.
Dans ce grand pays, dont le pape a lui-même souligné l’esprit religieux, lors de son récent voyage apostolique, notre Institut œuvre dans de nombreux diocèses, avec l’accord enthousiaste des évêques, pour que le motu proprio soit reçu, compris… et appliqué. Encore tout dernièrement le cardinal George, archevêque de Chicago et président de la conférence épiscopale américaine, me manifestait sa satisfaction devant le beau travail opéré par les prêtres de l’Institut du Christ Roi dans son pays.
Si bien que, non seulement le nombre des apostolats qui nous sont confiés augmente sans cesse, mais encore nos prêtres sont sollicités par des confrères diocésains, désireux d’apprendre à célébrer les Saints Mystères en usant du rite extraordinaire, et certains de nos prêtres se sont vus confier le cours de liturgie dans sa forme extraordinaire de quelques séminaires diocésains, à la demande des évêques…
En Afrique aussi, un intérêt certain se manifeste de la part des prêtres et des fidèles à l’endroit du rite romain traditionnel. Il faut donc leur faire découvrir les richesses de cette liturgie multiséculaire.
En Europe, et spécialement en France, le motu proprio a également porté des fruits. Ce texte pontifical, a quelque peu « changé la donne » : désormais, nos prêtres, les apostolats qui nous sont confiés, ne peuvent plus être considérés comme une « parenthèse miséricordieuse » : il s’agit là de prêtres, de fidèles catholiques, pour lesquels le texte papal semble dire, comme si la chose n’avait pas été évidente pour tous durant les dernières décennies : « Dans l’Église, vous êtes chez vous ! »
Par contre, il est bien établi que ces prêtres et ces fidèles, remerciant les évêques d’appliquer généreusement le motu proprio, doivent manifester également des signes de respect et de communion envers l’Église locale, avec laquelle ils œuvrent pour le Royaume de Dieu.
Naturellement, il faut encore faire preuve de patience, de part et d’autre, pour faire fuir ces habitudes de méfiance et de crispation, œuvre du Démon, qui subsistent encore ici et là, mais le pape redit régulièrement, et prêche d’exemple, son souci de rétablir la liturgie de l’Église, expression de sa croyance, à sa place : la