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7 milliards... et après ?

International

Professeur Hervé Coutau-Bégarie

Source :La Nef N°233 de janvier 2012
Il paraît qu’en novembre, nous avons franchi le seuil des 7 milliards d’êtres humains. On a même vu deux familles du tiers-monde se disputer l’honneur de mettre au monde l’enfant du septième milliard. Dispute grotesque car la marge d’incertitude se chiffre en dizaines, sinon en centaines de millions. Les statistiques de l’ONU sont fondées sur les données fournies par les États et nombre d’entre elles sont plus qu’approximatives.
Au-delà de cette incertitude, l’accélération est indiscutable, le XXe siècle ayant connu une révolution démographique sans précédent dans l’histoire. En chiffres très approximatifs, il y aurait eu quelque 250 millions d’hommes en l’an 1, à la naissance du Christ, et 500 millions vers 1500, au début des Grandes Découvertes. Il aura donc fallu un millénaire et demi pour doubler. Le premier milliard aurait été atteint vers 1800 soit trois siècles pour un nouveau doublement. Le deuxième milliard vers 1930, moins d’un siècle et demi après. Le troisième milliard a été annoncé en 1960, le quatrième en 1977. Moins de 50 ans donc, pour un nouveau doublement. Le cinquième milliard est intervenu en 1988, le sixième a été fêté en même temps que l’an 2000. Nous en sommes au septième, c’est-à-dire qu’il faut désormais à peine plus d’une décennie pour gagner un milliard supplémentaire. Il y a là un emballement de l’histoire humaine sans précédent depuis la révolution néolithique.

Naturellement, cette croissance incontrôlée engendre une pression terrible sur les ressources naturelles, d’autant qu’elle se conjugue avec une élévation générale du niveau de vie et multiplie les sources de conflit, il suffit de songer au problème palestinien. La Terre Sainte est toute petite, alors que les Israéliens croissent par immigration. Mais les Palestiniens ont 5 à 6 enfants par femme, ce qui doit conduire à leur doublement dans les années 2030. Cela rend un règlement politique encore plus nécessaire… et encore plus problématique. La surpopulation de certaines régions engendre des mouvements migratoires de plus en plus difficilement contrôlables qui pourraient déboucher, à terme, sur « le grand remplacement » des populations dénoncé par Renaud Camus, un Sud économiquement pauvre mais à la population jeune se répandant sur un Nord riche mais démographiquement épuisé.

Car la croissance de la population est loin d’être uniforme. La révolution démographique se conjugue avec son contraire, l’implosion démographique, annoncée dès la fin des années 1960 par Pierre Chaunu, mais longtemps niée par les démographes officiels. Nombre de pays sont tombés en dessous du seuil de 2,1 enfants par femme qui est celui du renouvellement des générations. En clair, leur population diminue et ne peut plus se maintenir que par l’immigration. C’est le cas des pays de l’Union européenne, à l’exception de l’Irlande. La population allemande régresse en termes absolus, depuis plusieurs années malgré l’immigration turque dont le poids ne cesse de croître. La France, dont on vante à l’excès le dynamisme démographique, n’est proche du seuil de renouvellement des générations que grâce à l’apport des immigrés : les femmes africaines et maghrébines en France ont 3 à 4 enfants là où les Françaises « de souche » sont, au mieux, à 1,7. Mais tout est fait pour qu’il soit impossible d’établir des statistiques « ethniques » précises. Le phénomène ne peut que s’aggraver avec les années puisque l’immigration se poursuit (là aussi le flou statistique règne) et que la faiblesse de la natalité conduit logiquement au vieillissement de la population, dont on commence, enfin, à mesurer les effets. Au-delà d’un certain seuil, la chute devient irréversible et peut déboucher sur un effondrement : le Japon avec 1,3 enfant par femme, devrait voir sa population diminuer de moitié d’ici la fin du siècle.

Ce phénomène n’est plus limité aux pays riches, il est devenu planétaire. Le tiers-monde est à son tour touché à des rythmes 
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