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A propos de contraception

Chronique-Vie

Pierre-Olivier Arduin

Source :La Nef n°216 de juin 2010
«Humanae vitae : une prophétie scientifique ». Tel était le titre de la tribune fulgurante parue dans le journal du Vatican au début de l’année 2009 sous la plume du président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques (FIAMC) (1).

Fort de la recension de plus de 300 études issues de prestigieuses revues médicales, le docteur José Maria Simon Castellvi avait essayé d’alerter les professionnels de santé sur l’existence d’un mécanisme abortif précoce induit par les diverses techniques de contraception chimique. De nouvelles données corroborent son analyse (2).

Classiquement, on sait que la pilule produit deux effets que l’on peut qualifier d’authentiquement contraceptifs, c’est-à-dire s’opposant à la conception d’un nouvel être humain. L’un est la suppression de l’ovulation, l’autre est l’épaississement du mucus cervical, empêchant en partie les spermatozoïdes de remonter dans les trompes pour y rencontrer l’ovule. La contraception hormonale met également en œuvre une troisième « ligne de défense » dont les répercussions sur l’inviolabilité de la vie humaine ne sauraient demeurer ignorées de l’opinion publique.

La pilule – singulièrement ses composants progestatifs – atrophie sévèrement la dentelle utérine qui devient impropre à l’accueil du jeune embryon. En perturbant les sécrétions au niveau des trompes, elle ralentit également sa progression, augmentant le risque qu’il dégénère avant de pouvoir rejoindre la lumière utérine. En conjuguant ces deux effets, la contraception chimique présente donc une fonction anti-niditatoire, c’est-à-dire un mécanisme d’interception de l’embryon qui n’est autre qu’un avortement précoce réalisé à travers des moyens chimiques, entre la fécondation et le moment – environ au septième jour de sa croissance – où l’enfant à peine conçu vient se nicher dans la muqueuse utérine.

Or, on sait à présent que le blocage des ovaires, quel que soit le contraceptif utilisé, n’est pas absolu : dans 5 % des cas, on observe un échappement ovulatoire rendant possible une éventuelle fécondation. Pour Mgr Suaudeau, « ce chiffre de 5 % dépasse largement le nombre de grossesses non désirées sous contraception : on doit donc admettre que la différence correspond à des avortements précoces provoqués par la pilule ». L’implant contraceptif autorisé en France depuis 2001 agirait de la sorte grâce à un progestatif délivré en continu à partir d’un réservoir placé sous la peau. Idem pour les micropilules progestatives prises quotidiennement. Mais même les pilules combinées de seconde et troisième générations plébiscitées par une majorité de Françaises, sous forme de patchs ou de comprimés, jouent ce rôle de rattrapage abortif en cas de fécondation. On vérifierait en effet une ovulation pour 10 à 12 cycles étudiés pouvant donner lieu à la conception d’un embryon en cas de rapport sexuel dans cette fenêtre de fécondité.

Ces données ne devraient nous étonner qu’à moitié. L’inventeur de la pilule, le chercheur américain Gregory Pincus, avait axé une partie importante de ses travaux dès les années 50 sur le pouvoir de fixation de l’embryon par la muqueuse utérine, l’effet anti-nidatoire étant censé pallier les ratés inévitables du blocage de l’ovulation (3). C’est d’ailleurs grâce à l’impulsion de ses expériences que la recherche pharmacologique est parvenue à mettre au point dans les années 90 la fameuse pilule du lendemain dont la fonction abortive précoce est aujourd’hui bien étayée.
En publiant à la demande de Benoît XVI l’instruction doctrinale Dignitas personae pour actualiser la réflexion du magistère en matière de bioéthique, l’Église s’est prononcée fermement contre ces nouveaux procédés : « l’utilisation des moyens d’interception entre dans la catégorie du péché d’avortement et demeure un acte gravement immoral » (4). Si l’effet possiblement abortif de toute la gamme des contraceptifs actuels viole le droit 
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