La Traditional Anglican Communion (TAC), qui
revendique 400 000 fidèles, devrait être accueillie
vers Pâques dans l’Église catholique. Explications.
«Nous reconnaissons que l’expression la plus complète et la plus authentique de la foi catholique se trouve aujourd’hui dans le Catéchisme de l’Église catholique et son Compendium ; en les signant, nous voulons attester ainsi la foi que nous aspirons à enseigner et professer ». C’est par cette déclaration de son représentant, Mgr John Hepworth, que la Traditional Anglican Communion, une organisation internationale anglicane indépendante de la Communion anglicane, a signifié au Saint-Siège, en octobre 2007, son désir de revenir dans la pleine communion ecclésiale et sacramentelle avec l’Église de Rome. Le document adressé au Saint-Père via la Congrégation pour la Doctrine de la foi avait auparavant été discuté et approuvé solennellement en avril de la même année, lors d’une réunion des évêques de la TAC à Norfolk, en Angleterre. Le Catéchisme avait été signé et symboliquement déposé sur l’autel de l’église de Walshingham, le sanctuaire marial le plus sacré du Royaume Uni. Depuis lors, la conférence de Lambeth de 2008, qui réunit régulièrement les instances décisionnelles de l’Église anglicane « historique », dirigée par Rowan Williams, en entérinant l’ordination de femmes prêtres, a levé les dernières hésitations de Rome vis-à-vis d’un dialogue œcuménique mené avec une entité ecclésiale autre que le Siège de Cantorbury. Les trois cardinaux présents à la Lambeth n’avaient d’ailleurs pas caché à leurs coreligionnaires anglicans que l’issue de la conférence serait déterminante dans les relations entre l’Église romaine et l’anglicanisme. Le cardinal Ivan Dias, envoyé personnel de Benoît XVI au côté du cardinal Kasper et de l’archevêque de Westminster Cormac Murphy-O’Connor, avait ainsi pu déclarer, devant 650 évêques anglicans, que leur Eglise, si elle ne repensait pas ses assises ecclésiales à la lumière de l’ecclésiologie de l’Église universelle, d’Orient et d’Occident, tendait inéluctablement à un « Alzheimer spirituel » doublé d’un « Parkinson ecclésial » : « Les symptômes de ces maladies peuvent même être trouvés dans nos propres communautés chrétiennes. Ainsi, quand nous vivons comme des myopes, dans un présent aux contours flous, ignorants notre héritage passé et nos traditions, il se peut bien que nous souffrions d’un Alzheimer spirituel. Et quand nous nous comportons de manière chaotique, suivant nos fantaisies sans tenir compte de l’autorité ou des autres membres de notre communauté, cela pourrait bien être un Parkinson ecclésial ».
Malgré la vigueur de ces propos, dont la pertinence ne se limite pas à la communion anglicane, les avertissements de Rome restèrent lettre morte, et c’est sur un plus petit dénominateur ecclésial commun, dont la seule substance résidait dans la satisfaction grégaire de son élaboration, que se termina Lambeth 2008. La Congrégation pour la Doctrine de la foi en prit acte. Comme l’écrivait le cardinal Levada à Mgr Hepworth en juillet 2008, répondant favorablement au désir de la TAC de revenir à l’unité « en corps » : « comme Votre Grâce en est évidemment consciente, la situation dans la Communion anglicane prise dans son ensemble est devenue nettement plus complexe pendant cette même période. Dès que cette Congrégation sera en mesure de répondre de la manière la plus claire sur les propositions que vous nous avez adressées, nous vous en tiendrons informé. » Outre la réaction négative du Siège de Cantorbury, la principale difficulté à la réintégration de la TAC était le statut canonique à lui accorder dans l’Église. Une première possibilité aurait été de créer une Eglise anglicane catholique à l’intérieur de l’anglicanisme, sous la forme d’un uniatisme anglican. Mais cela impliquait l’existence d’une Eglise réelle, qui ne remettait pas en question les fondements anthropologiques de l’Église. Or, avec