S’il est une chose satisfaisante dans la foi, c’est de constater que l’intelligence, aidée de la volonté, peut conduire à la Vérité. La curiosité de cœur se met alors au service d’un bien qui la dépasse et qui l’attise chaque jour davantage.
En 1996, une jeune étudiante de l’École Normale supérieure de la rue d’Ulm lance une pétition contre l’embargo sur l’Irak, cause directe de centaine de milliers de morts. Convaincue de la justesse de la cause qu’elle défend, elle mobilise un grand nombre d’intellectuels et dépose son lot de signatures au Quai d’Orsay. Mais face à l’inertie des pouvoirs publics, elle décide de rentrer dans la machine pour faire bouger les choses.
Passionnée du Proche-Orient, Anne Barry, encore étudiante, part à l’ambassade de Jordanie pour un stage. C’est parmi les diplomates qu’elle côtoie, qu’elle rencontre son futur mari, un certain monsieur Coffinier. Pour pouvoir le suivre, elle décide de se présenter au concours de l’ENA qu’elle intégrera l’année suivante. « On obtient ce que l’on veut dans la mesure où l’on croit à ce que l’on fait », assure-t-elle aujourd’hui.
Pleine d’énergie, Anne Coffinier est en perpétuelle quête. Mais, à l’École Nationale d’Administration, on ne cherche ni la vérité, ni le bien commun véritable. « C’est l’école de la servilité », déplore l’étudiante face au conformisme ambiant. Une soif intérieure de plus en plus forte se manifeste alors. Le Marquis de Sade ou Karl Marx ne parviennent pas à la convaincre, quant aux catholiques de son entourage, aucun ne tente d’éveiller sa curiosité. « La nullité intellectuelle de certains religieux me laissait seule face à mes interrogations », déplore-t-elle.
Puis, un jour, la jeune énarque décide d’aller à la messe pour le repos de l’âme de son père : « Aujourd’hui encore, j’ignore d’où m’est venue cette idée, il fallait juste que je fasse quelque chose qui corresponde à ce qu’il avait été, explique-t-elle. C’était un homme très admiratif d’une certaine tradition de l’Église ». Elle assiste alors à une messe tridentine. La promesse de sens donnée par la liturgie et la ferveur des fidèles la terrassent. La beauté du culte rendu à Dieu est saisissante : « Je me suis retrouvée à genoux, en larmes, je venais de découvrir un trésor ! » S’ensuit une patiente formation au catéchisme et à la théologie catholique. Au travers de rencontres diverses dont les religieux de Saint-Vincent-de-Paul, elle expérimente avec bonheur la richesse de l’Église. Au fil du temps, ses idées se remettent en ordre, trouvent leur place et prennent un sens. Son mari, bien qu’agnostique d’origine protestante, accepte son choix avec un grand respect. Il semble qu’elle l’ait enfin trouvé, ce chemin qu’elle avait tant cherché.
Aujourd’hui, Anne Coffinier a mis sa carrière de diplomate entre parenthèses pour se concentrer sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’éducation. Mère de trois enfants, elle s’attache à rendre sa liberté à l’enseignement : « Pour relever l’école catholique, il faut relever la formation de la raison et cesser de la séparer de la formation de la foi ». Après avoir constaté l’état déplorable dans lequel se trouvait le système public d’éducation, elle fonde l’association « Créer son école » pour aider les parents et les professeurs à fonder et à développer des écoles indépendantes en France. Mais face à l’ampleur du défi éducatif, il lui semble nécessaire d’apporter une réponse globale reposant sur le soutien financier des écoles libres, la formation des professeurs et une défiscalisation du choix scolaire. L’outil le plus adéquat : la Fondation pour l’école, laquelle est reconnue d’utilité publique en mars 2008. Ainsi elle concourt au renouveau éducatif français, en aidant à l’essor d’établissements scolaires libres, ne bénéficiant pas du soutien financier direct de l’État.
Anne Coffinier devient l’un de ces admirables modèles qui nous manquaient, prouvant, qu’alliée à