L’avortement est un drame dont nos contemporains s’accommodent par ignorance ou refus de la réalité du crime ainsi commis. C’est pourquoi nous sommes heureux de publier ici une tribune libre qui est aussi le cri du cœur d’un ancien dissident russe lassé et notre indifférence et de nos petits arrangements politiques et moraux.
Aujourd’hui en France, la liberté d’accès à l’avortement est assurée et pourrait être comparée à la liberté de fumer ou de consommer de l’alcool. Mais à la différence de la question de l’alcoolisme ou du tabagisme, « la consommation » de l’avortement n’est pas proclamée publiquement comme un acte destructeur, alors que ses implications néfastes sont bien connues. Contrairement aux cas du tabagisme et de l’alcoolisme, nous prétendions et nous prétendons toujours ignorer qu’il s’agit d’une violence physique, psychique et morale extrême ; en effet, les syndromes post-avortement sont graves et très répandus.
Il ne s’agit pas d’articuler ici des doutes souvent exprimés sur la légitimité morale ou juridique de la loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse, l’acte déclencheur de cette tragédie. — Erreur historique d’appréciation de la dignité de la femme, inspirée initialement, d’après le témoignage de Mme Simone Veil, par sa terrible expérience d’une toute jeune femme condamnée à la solitude de survie face aux conditions inhumaines de la déportation : « Je me sens plus en sécurité avec des femmes. Peut-être est-ce dû à la déportation. Au camp, leur aide était désintéressée, généreuse. Pas celle des hommes » (1).
Il s’agit plutôt, plus de trente ans après son introduction, d’exposer le véritable complot national en cours qui se réfère à cette loi et qui consiste à :
– ériger l’avortement, officiellement, officieusement et culturellement, en statut fondamental comme étant la réponse moderne, la seule adaptée à toute crise humaine et familiale provoquée par une grossesse imprévue ;
– occulter les conséquences de l’avortement, coûteuses pour la société et tragiques pour la conscience, l’état psychique et physique de la femme, pour la qualité de sa vie familiale, voire pour la survie de sa famille.
Cette stratégie, dont les motivations originales ont été oubliées, s’inspire aujourd’hui plutôt de l’anthropologie réductionniste publicitaire de l’humanité individualiste et consommatrice, et elle a fait à ce jour des centaines de milliers de victimes en commettant une double faute — par action et par omission.
Une double faute
Faute par action : l’État a choisi consciemment et formellement d’être le garant de l’accessibilité « à la demande » illimitée et immédiate de l’avortement, la Sécurité sociale payant les frais de l’avortement, les chercheurs travaillant sur des nouvelles technologies de dépistage génétique, des médecins et, éventuellement, des sages-femmes se mobilisant, des pharmaciens dispensant « les médicaments » qui tuent l’embryon et qui très souvent mutilent la femme (2), et par-dessus tout le Planning familial généreusement financé pour envoyer sur la table de l’IVG toute femme qui vit difficilement sa grossesse.
Bref, nous sommes devant une gigantesque machine à la française, deuxième après la chinoise par son efficacité de destruction de l’identité féminine et de la santé physique, psychologique et morale de toute la nation. Ceux qui brandissent aujourd’hui les chiffres relativement élevés de la natalité en France (3), en y voyant la preuve de la vitalité de la laïcité à la française, sont certainement conscients que ces chiffres doivent leur existence à des familles ayant de fortes convictions religieuses — catholiques, protestantes, juives, musulmanes. Ces mêmes familles, par ailleurs, se méfient de certaines aspirations « laïques » et consommatrices à outrance de la société française enseignant même la consommation du sexe à nos enfants.
Faute par omission : pour des femmes