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Beau-parent : l'enfant sacrifié

Culture de vie, Culture de mort

Pierre-Olivier Arduin

Source :La Nef n°203 d'avril 2009
L’avant-projet de loi relatif « à l’autorité parentale et aux droits des tiers », dit statut du beau-parent, censé faciliter la vie des « 1,6 millions d’enfants vivant au sein d’une famille recomposée, des 2,7 millions dans un foyer monoparental et des 30 000 dans un foyer composé de deux adultes de même sexe » (1) constitue une rupture morale gravissime. Efficacement démasquée dès sa publication grâce à la vigilance et au courage de plusieurs responsables politiques et associatifs.

Le texte présenté par la secrétaire d’État à la Famille, Nadine Morano, « cache une volonté sournoise de briser les repères fondamentaux inscrits dans le cœur de tout être humain » (2) selon les propos cinglants de Mgr Aillet repris sur le site officiel des Évêques de France. En effet, sous prétexte de « nouvelles configurations familiales » et d’éclatement de la « fonction parentale », s’éparpillant au gré des séparations successives entre les adultes, Nadine Morano veut « sécuriser juridiquement l’intervention des tiers dans la vie de l’enfant » (3) en leur octroyant un droit d’exercice de l’autorité parentale. Attribué au partenaire du parent biologique, quel qu’il soit, par simple voie conventionnelle, le partage de cette autorité ne se justifie plus par « les besoins d’éducation de l’enfant » (article 377-1 du Code civil), ce que prévoyait déjà la loi du 4 mars 2002, mais par la seule relation affective du tiers avec le parent de l’enfant. Pour les Associations familiales catholiques, « au lieu d’offrir à l’enfant des repères objectifs (l’autorité parentale est exercée par les parents de l’enfant), on introduit l’affection, critère subjectif, dans la désignation des titulaires de l’autorité parentale. On ouvre par là la porte à la multiparentalité, la parentalité s’ajoutant à la parenté » (4). Autrement dit, l’enfant est pris en otage, se voyant imposer la « parentalité » du premier adulte venu sous prétexte qu’il est le nouveau conjoint de son parent biologique.


Les lobbies homosexuels se sont évidemment engouffrés dans la brèche, harcelant le gouvernement depuis plusieurs semaines, afin que les mots « père » et « mère » soient neutralisés par celui de « parent ». Dans sa troisième mouture, la note d’intention de l’avant-projet mentionne ainsi expressément les « foyers composés de deux adultes du même sexe ». L’association des parents gays et lesbiens (APGL) a salué bruyamment ce tournant culturel : « C’est la première fois que la famille homoparentale est reconnue dans une loi ». Le texte est alors apparu pour ce qu’il est réellement : un subterfuge destiné à reconnaître l’homoparentalité. Selon Élisabeth Montfort, c’était parfaitement prévisible car « la définition du parent se trouve déconnectée de son fondement biologique qui est l’engendrement de l’enfant, réel ou symbolique comme dans le cas de l’adoption. Il devient possible d’appeler parent toute personne qui s’investit auprès de l’enfant sans référence à l’altérité sexuelle, fondatrice de notre société » (5).


En l’absence de tout débat, utilisant des voies détournées, Nadine Morano a tenté subrepticement de faire une « révolution anthropologique » (6). C’était sans compter la vive résistance des défenseurs de la famille, Christine Boutin en tête, impressionnante de détermination, quitte à indisposer durablement le chef de l’État qui avait pris l’engagement durant sa campagne de faire avancer la cause des droits des homosexuels. Résultat : l’UMP a dû dépêcher en urgence le député Jean Leonetti pour diriger un groupe de travail chargé de tout remettre à plat. L’homme connaît bien le dossier : en tant que rapporteur de la mission de révision de la loi de bioéthique, il subit quotidiennement des pressions pour ouvrir l’assistance médicale à la procréation aux homosexuels. Il sait également le jeu trouble qui est en train de s’établir entre les associations gays et celles qui militent pour lever la prohibition 
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