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Brésil : où est le scandale ?

Dossier : Pour Benoît XVI

Jacques de Guillebon


Source : La Nef n°203 d'avril 2009
placé et bien renseigné sur l’affaire, on ne sait pas précisément quelle était l’expertise médicale. Des deux côtés, on est donc mal placé pour juger la réaction de Mgr Cardoso.

On notera toutefois qu’il a été désavoué, au moins sur sa gestion médiatique de l’affaire, et par Mgr Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, dont on dit qu’il est très proche de Benoît XVI – son texte a été cependant sévèrement critiqué par les vicaires du diocèse de Recife pour des erreurs factuelles –, et par la Conférence des évêques brésiliens. On passera sur les réactions des évêques de France, souvent assez consternantes de bonne conscience, sinon celles de Nos Seigneurs Barbarin, di Falco et Rey qui mettent judicieusement en balance la miséricorde et la compassion avec l’exigence de vérité.

Reste que la manipulation médiatique autour de ce cas particulièrement douloureux a encore une fois nui à la réputation de l’Église, ce qui aurait peu d’importance si cela ne contribuait à écarter un peu plus nos contemporains paresseux ou prompts à l’indifférence de l’alma Mater. Et à faire peser sur Benoît XVI des charges extraordinairement haineuses. Il y en a pour rappeler que le chemin de la Croix est fait de quatorze stations : Benoît XVI en a déjà parcouru quelques-unes. Dieu lui donne la force de persévérer, puisque les portes de l’Enfer malgré les apparences ne prévalent pas.

Jacques de Guillebon


Préservatif
L’avis de deux théologiens

Mgr Tony Anatrella : « Ce qu’a simplement dit Benoît XVI – et qui ne fait d’ailleurs hurler que les Occidentaux – c’est que le problème du sida ne se résoudra pas uniquement avec le préservatif. La pandémie du sida est aujourd’hui avant tout un problème de comportement et d’éducation des consciences avant d’être un problème sanitaire. […] Le discours du pape n’a rien de régressif, il est prophétique ! Dans un livre que j’avais publié en 1995 qui s’appelait L’amour et le préservatif et qui vient d’être réédité chez Flammarion sous le titre L’Église et l’amour, je cite un texte du cardinal Ratzinger, publié en 1989, dans lequel […] il explique que le préservatif est une question secondaire et de “casuistique” ; c’est-à-dire qui doit être traitée au cas par cas. Autrement dit, s’il l’on n’est pas capable de vivre dans la fidélité, dans l’abstinence ou encore s’il l’on a une sexualité impulsive et immature, mieux vaut utiliser un préservatif que de recevoir ou donner la mort » (interview dans www.famillechretienne.fr du 20 mars 2009).

Mgr Carlo Caffarra ne voit qu’un cas où l’on peut moralement conseiller l’utilisation d’un préservatif (en spécifiant bien que ce n’est pas une protection fiable à 100 %) : « Quand l’homosexuel est déterminé à poursuivre son activité immorale, et lorsque le conseiller, tout en ayant cherché par tous les moyens a l’en détourner, ne réussit pas dans sa tentative ; quand le conseiller en toute prudence peut prévoir que son conseil ne présentera pas d’équivoque ; quand le conseiller en toute prudence peut prévoir que son conseil ne donnera pas occasion à l’homosexuel, rassuré, d’intensifier son comportement. Ces trois conditions bien entendues, il semble fondé de retenir licite le recours au principe du « consulere minus malum », bien connu dans la tradition éthique catholique » (Dolentium Hominum n°13/1990 repris dans La Nef n°57 de janvier 1996).


L’avortement indirect

Le P. Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a apporté les précisions suivantes : « Dans la morale de l’Église, depuis toujours, on parle des avortements indirects lorsque la vie de la mère est en question, lorsqu’elle est atteinte d’une maladie grave, et que la naissance peut avoir comme conséquences d’empêcher les soins. Ce que l’on cherche dans ce cas, c’est préserver la santé de la mère. […] L’Église a depuis toujours accepté ce cas-là, où la mort du fœtus n’est pas voulue 
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