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Conflit de civilisations

Jacques de Guillebon

Source : La Nef N°290 Mars 2017
Finalement, toute l’histoire est un crime contre l’humanité. Le néolithique fut un crime contre l’humanité, les Aztèques aussi, Byzance aussi, la Chine impériale encore, l’Égypte ancienne, l’Empire ottoman, les Barbaresques, les Vikings, le royau­me du Dahomey, les Aborigènes, l’anarchisme européen, la République française. Sans oublier l’Inde, l’islam et le royaume de Thulé, ou les Mérovingiens. Bref, on pourrait même dire que l’humanité en général est un crime. Et nous en serions bien avancés.
C’est à peu près à quoi se livrent cependant certains hommes politiques, de gauche en l’occurrence, à la suite du plus spectaculaire d’entre eux, à cette surenchère mémorielle qui, comme dirait un ancien président, « ne coûte pas cher », croient-ils, et permet de séduire à bas coût une clientèle essentiellement issue de l’immigration, donc des anciennes colonies françaises où, leur a-t-on appris, leurs ancêtres ont été dûment exploités, violentés, voire massacrés et esclavagisés. Si cette histoire falsifiée-ci n’existe que dans la tête de progressistes incultes et idéologues, il n’est pas sûr que le peuple de remplacement qu’ils fantasment existe beaucoup plus. La gauche, en tant qu’elle est partiellement héritière de catégories marxistes, a tendance à raisonner de manière binaire, ce qu’elle appelle dialectique et qui n’est souvent qu’opposition pratique et juteuse entre diverses catégories de la population.

UNE RÉVOLTE NON SPONTANÉE
D’ailleurs, la gauche elle-même est née d’un meurtre, disons-le en passant, puisqu’elle est l’héritière des régicides. Pour en revenir au peuple, il est évident que celui de la France périphérique a de longtemps basculé là où ses maîtres ne voulaient pas qu’il aille, mais pis encore pour la gauche, sa foi en un peuple fraîchement immigré qui se rallierait sans plus réfléchir à sa bannière rose est elle-même infondée. Certainement, il existe un lumpenprolétariat des banlieues qui est hanté par le ressentiment contre une France dont on lui a appris à l’école qu’en sus de l’exploiter et de le mépriser, elle n’avait même pas réellement d’être et d’identité, qu’elle ne méritait pas de se poursuivre. Et les récentes émeutes, après l’affaire dite de Théo, nous ont convaincus que cette question était loin d’être réglée.
Mais à y regarder de plus près, au-delà de l’expression d’hormones adolescentes, l’organisation de cette révolte était loin d’être spontanée : on retrouve, comme lors des casses autour des manifestations contre la loi El-Khomri, derrière ces événements, les mêmes chevaux de retour d’une extrême gauche haineuse, se repaissant de violence révolutionnaire et pour qui tout est permis. La collusion de « libertaires », d’associations dites antiracistes et dont le racisme à l’égard de l’homme blanc comme l’antisémitisme et comme la misogynie sont de plus en plus patents, avec la racaille de banlieue est la seule source de ces troubles. Alors que d’innombrables Français de fraîche date, qu’ils soient musulmans ou non peu importe, tentent volontiers de s’intégrer au tissu national. Las, le miroir que leur tendent nos maîtres est entièrement biseauté de façon à les décourager. C’est bien entendu à cette entreprise-ci que nos gouvernants futurs doivent s’atteler, à côté de la nécessaire réhabilitation des Français dits de souche, oubliés dans une France glauque et de la chôme dont nul ne se souvient.

COMBATS CIVILISATIONNELS
Et ce n’est certainement pas en promouvant la haine de notre histoire, en demandant pardon pour des arrière-grands-pères que nous n’avons pas connus et dont nous n’avons pas su la mystique, ce n’est pas en bons pharisiens battant leur coulpe sur la poitrine du voisin que nous y parviendrons. Ce n’est pas, en promouvant à la manière des Inrocks, des Mehdi Meklat et des « Badrou », jeunes revanchards pleins de haine de l’homme blanc, de la femme et du juif, que nous y parviendrons. C’est bien plutôt à la 
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