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Dignitas personae : Rome défend l’homme

Pierre-Olivier Arduin

Source :La Nef n°200 de janvier 2009
Alors que s’ouvrent en France les états généraux de la bioéthique, l’Église nous offre une Instruction à la hauteur des défis qui s’annoncent : Dignitas personae. L’Église est vraiment la sentinelle de la dignité humaine. Présentation de ce texte important.

Le 12 décembre 2008, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a rendu publique Dignitas personae, un document exceptionnel par la pénétration de la pensée sur les questions de bioéthique. Approuvé le 20 juin 2008 par Benoît XVI qui en a suivi attentivement la rédaction, il est daté du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. Structurée en 3 parties et 37 articles, l’Instruction romaine affronte très concrètement les nouvelles problématiques liées à la procréation (partie II) et les enjeux gravitant autour de l’embryon (partie III). En ce sens, on peut parler d’une actualisation de Donum vitae signée le 22 février 1987 par celui qui n’était alors que le cardinal Joseph Ratzinger. Les deux instructions constituent toutefois un diptyque inséparable, Dignitas personae ayant été élaborée « à la lumière des critères énoncés par Donum vitae » (n. 1).
La première partie va précisément se pencher sur les principes qui doivent surplomber toute réflexion bioéthique authentique : deux axes fondamentaux supportent le discernement moral qui parcourt l’ensemble du texte. En tout premier lieu, Dignitas personae porte notre regard sur ce qui constitue la clé de voûte du document et lui donne son nom : la reconnaissance inconditionnelle « de la dignité de la personne à tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle » (n. 1). Second principe essentiel qui lui est parfaitement relié, la dignité inviolable « du mariage et de la famille qui constituent le contexte authentique où la vie humaine trouve son origine » (n. 6).
Afin d’expliciter la pertinence de ces deux principes, Dignitas personae – et c’est peut-être l’un de ses aspects les plus novateurs – mêle des considérations éthiques, anthropologiques et théologiques selon l’intitulé de sa première partie. Ainsi l’instruction s’adresse-t-elle aux fidèles auxquels il est demandé de donner à ses contenus « un assentiment religieux de leur esprit » mais encore à tous les hommes « qui cherchent la vérité ». À ce titre, nous avons droit à deux parcours de réflexion qui s’interpénètrent et se renforcent mutuellement, élaborés respectivement à la lumière de la raison – la loi naturelle – et de la foi.

Rôle de la foi

Pour le P. Réal Tremblay, professeur de morale à l’Académie alphonsienne de Rome, « il peut sembler étrange d’entendre mentionner la foi dans un document où il est question du jugement éthique à porter sur des résultats de la science biomédicale. Mais ce n’est qu’une impression, car l’Instruction montre très bien comment la foi, sans nier la consistance de la raison, la purifie et l’élève » (1). Des très beaux passages rappellent ainsi que la communion interpersonnelle des époux dans le mariage, inséparablement corporelle et spirituelle, est un reflet de l’amour trinitaire. Par le mystère de l’Incarnation, le Christ a révélé le sens et la valeur du corps, trace de la gloire de Dieu. Le mystère de l’homme – et donc de l’embryon – « ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné » (n. 7), ajoute le texte qui cite Vatican II. La foi élève surnaturellement notre intelligence en la conduisant vers un « horizon ultérieur de vie qui est propre à Dieu et qui permet de réfléchir de manière plus adéquate sur la vie humaine » (n. 7). Le point de cristallisation entre les discours théologique et éthique est « l’amour de Dieu qui ne fait pas de différence entre celui qui vient d’être conçu et se trouve encore dans le sein de sa mère, et l’enfant, ou le jeune, ou bien encore l’homme mûr ou âgé, car en chacun d’eux il voit l’empreinte de sa propre image et ressemblance » (n. 16).
Dans le même mouvement, le document, à l’aide d’une 
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