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Irréductible opposition

Editorial

Christophe Geffroy

Source :La Nef n°203 d'avril 2009
L’invraisemblable lynchage médiatique subi par le pape et l’Église catholique ces dernières semaines a atteint une dimension encore jamais vue jusque-là, comme si la raison s’était volatilisée et avait laissé place aux seules passions pour discréditer et abattre un homme qui dérange.

Il y a d’abord eu la levée des excommunications des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X au moment même où étaient révélés les propos négationnistes de l’un d’eux et, aussitôt, Benoît XVI fut accusé de complaisance envers les « intégristes », voire envers le négationnisme. Puis survint le drame affreux de Recife et le ton est monté d’un cran contre l’Église accusée de pharisaïsme, de manque de compassion et ainsi de trahison du message évangélique. Enfin, l’acharnement a atteint son paroxysme avec les propos du pape sur le sida et le préservatif.

Lorsque nos moutons médiatiques ânonnent que le « pape pose un problème », ils feraient mieux de s’examiner eux-mêmes, car, ou incompétence ou malhonnêteté, ils se sont précipités sur un événement ou un mot sans jamais chercher à comprendre. Il fallait une bonne dose de mauvaise foi ou de bêtise pour croire que Benoît XVI aurait eu une quelconque indulgence à l’égard du négationnisme, qu’il aurait sacrifié les acquis du dialogue judéo-chrétien ou qu’un tel geste signifiât la remise en cause du Concile Vatican II. Il ne fallait rien connaître à l’affaire de Recife et au contexte brésilien pour accuser l’Église de manquer de compassion, quand on sait les efforts et la présence du P. Rodrigues, curé d’Alagoinha, auprès de la famille de la victime. Quant à la phrase de Benoît XVI sur le préservatif et le sida, il ne s’agit nullement d’une « maladresse », comme le répètent à satiété les imbéciles, mais d’une vérité que refusent obstinément d’admettre ceux pour lesquels la sacro-sainte licence sexuelle est un tabou intouchable.

Certes, on peut toujours critiquer des imperfections dans la « communication » de l’Église, certes, dans l’affaire du préservatif, on ne peut nier la manipulation, exercice classique de désinformation, où quelques mots, livrés en pâture au public, sont sortis de leur contexte pour permettre de crier au fou : il n’empêche que cela ne suffit pas à expliquer la hargne du monde intello-médiatique contre un seul homme et toute l’institution qu’il représente. Si les attaques ont atteint une telle violence, c’est parce que l’Église s’oppose, quasiment seule, avec un discours fort et cohérent, à la « culture de mort » qui cherche à étendre partout son hégémonie tyrannique. Ce n’est pas un hasard si l’avortement et le préservatif ont été au départ des dernières campagnes médiatiques. Le discours de l’Église pour la vie, pour la famille, pour l’amour vrai, sa compassion pour les plus faibles et les plus pauvres, chacun sent bien qu’il est exigeant mais accessible à toute âme de bonne volonté et qu’il est seul capable de sauver l’homme de lui-même et de la dérive relativiste mortifère de nos sociétés. La violence du monde politico-médiatique est donc une réaction de peur : peur de voir finir par s’imposer une vérité que l’on refuse et que l’on cache. Même si le pape n’avait pas évoqué le préservatif, le seul fait d’affirmer que la multiplication des « partenaires » – hétéro ou homosexuels – contribue plus que tout à étendre la pandémie du sida est déjà un scandale dans les médias, comme tout propos qui heurte le dogme intangible qui veut qu’on ne remette pas en cause la conception hédoniste – égoïste – et matérialiste de la vie humaine : le « bien » qui prime tout est la « liberté » individuelle de l’adulte de suivre son bon plaisir, le bien d’un tiers – enfant, société et bien commun – ne pouvant l’entraver.

Nos benêts parisiens pensent que le monde entier nous envie cette conception de la vie qu’ils assimilent à la « liberté ». En réalité, s’ils n’étaient pas aveuglés par leur nombrilisme, les deux affaires de Recife et du 
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