Les promoteurs de la culture de mort ne sont pas au bout de leurs peines : en effet, l’Italie, la Slovaquie ou le Portugal résistent encore et toujours au mot d’ordre de l’avortement
Les statistiques européennes sur l’avortement qui viennent de tomber sont alarmantes. Selon le rapport de l’Agence Fides, un avortement a lieu toutes les 25 secondes dans l’Europe des 27 avec une moyenne de 3400 par jour. Un enfant à naître sur cinq. Première cause de mortalité des Européens selon les experts qui ne nient plus ses conséquences catastrophiques sur la démographie déclinante de notre continent. La situation est cependant loin d’être homogène entre des États qui se sont dotés d’arsenaux législatifs comparables depuis la fin des années 70. Au point d’émouvoir la branche européenne de la fédération internationale des plannings familiaux qui dénonce « un droit intrinsèque des femmes de plus en plus bafoué ». Dans sa ligne de mire, l’Italie, basculant culturellement contre toute attente dans le camp pro-life. La loi 194 du 22 mai 1978 autorisant les IVG dans les 90 premiers jours de la grossesse avait débouché sur des chiffres sans appel : 230 000 avortements annuels. Taux d’avortement équivalent à peu près à celui de la France d’aujourd’hui (220 000 par an) pour une population sensiblement égale. Or, le ministère de la santé transalpin vient de révéler qu’un quart de siècle plus tard, le nombre d’IVG plafonne à 127 000 avec une baisse de 40 % observée sur cette période. Que s’est-il passé ?
Encouragés par un épiscopat énergique, les laïcs italiens font montre d’un bel engagement dans tous les secteurs stratégiques de la santé, épaulés qui plus est par des mouvements pro-vie dont l’unité de pensée et d’action n’est pas la moindre des qualités. De concert avec la hiérarchie, plutôt que de heurter de front la loi 194, ils se livrent depuis 30 ans à un patient travail de fourmi pour reconquérir une hégémonie culturelle sur le terrain du respect de la vie. L’ouverture massive de structures de conseil et d’aide aux femmes enceintes en difficulté porte aujourd’hui tous ses fruits. Dans le plus gros hôpital milanais, un de ces centres a vu passer l’année dernière 1400 femmes dont 90 % ont finalement renoncé au pire. Les responsables politiques ne sont pas en reste à l’instar du charismatique président de la région Lombardie, Roberto Formigoni, membre de Communione e liberazione, qui a imposé par décret – la santé publique est régie en grande partie par les autorités régionales – une échographie et un délai de réflexion de 7 jours qui dissuadent une majorité de femmes de passer à l’acte. Mais cela n’explique pas tout. Les médecins catholiques italiens, sous l’impulsion du pontificat de Jean-Paul II, ont su s’organiser de manière extrêmement efficace et ont joué un rôle moteur dans la sensibilisation de leurs pairs et de la nouvelle génération sur cette question. Résultats : le gouvernement italien vient d’annoncer que 7 gynécologues sur 10 et 1 anesthésiste sur 2 sont objecteurs. Soit une augmentation de 25 % de praticiens en 5 ans.
Des provinces entières ne pratiquent plus l’IVG, telles la Sicile, les Marches, la Calabre et une grande partie du Latium. Et ce n’est pas près de s’arrêter : 80 % des internes en obstétrique sont des femmes qui se déclarent toutes opposées à l’avortement. Ce phénomène de résistance morale du corps médical est loin d’être cantonné à la péninsule italienne. L’ordre des médecins portugais donne du fil à retordre au gouvernement socialiste depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi en janvier 2007. Les soignants slovaques, majoritairement catholiques, sont également régulièrement montrés du doigt par les lobbies pro-avortement.
C’est une des clés de lecture de la résolution adoptée par le Conseil de l’Europe le 16 avril dernier qui réclame dans ses conclusions que « l’exercice effectif du droit des femmes à l’avortement » soit garanti dans les pays qui