On peut être parfois facilement tenté de penser que les grands rassemblements ne produisent que des feux de paille éphémères et que les JMJ, avec leur cortège d’événements festifs, n’échappent pas à la règle. Pourtant il semble que ces Journées soient arrivées à une belle maturité spirituelle. Bien sûr on y a vu une joie humaine débordante, de l’enthousiasme « sonore », mais, à l’appel d’un pape que les jeunes n’ont connu qu’âgé, ils se sont plongés sans difficulté dans le silence de l’adoration eucharistique, ils ont prié sur une liturgie sacrée qui les entraînait à la contemplation, ils ont écouté des instructions, des homélies leur rappelant sans relâche les exigences de la vie chrétienne, et tout cela ils l’ont reçu avec une joie paisible et profonde. Leurs visages, leur recueillement, leur attitude impeccable – quel rassemblement avec autant de jeunes peut se targuer d’une telle absence de « débordements » ? – montrent une vraie profondeur. Les multiples témoignages de ces jeunes sont la preuve que pour beaucoup d’entre eux ces Journées les ont renforcés et raffermis dans leur foi et qu’ils y ont puisé une énergie missionnaire bien réelle.
Évidemment la vie chrétienne est à la fois faite de grands élans et de médiocres chutes… les JMJ n’y changeront rien, mais elles sont l’occasion d’un de ces beaux élans de la foi qui peut renverser les montagnes. Elles ont été à l’image de ce que doit être la vie chrétienne, vraiment insérée dans le monde sans être de ce monde, et leur rayonnement n’est pas dû à une gigantesque séance collective d’automotivation par la fête, mais bien à un vrai cheminement spirituel.
Mais quoi de plus étonnant, après tout, quand on sait que l’écrasante majorité des JMJistes est constituée de catholiques pratiquants, actifs dans des mouvements catholiques, qui ont reçu une éducation religieuse, et c’est sans doute là une autre leçon de ces Journées : on a enfin donné à ces jeunes une nourriture spirituelle consistante correspondant à ce qu’ils sont et ce à quoi ils aspirent ! Il faut le dire, certaines actions ou rassemblements ecclésiaux donnent parfois l’impression d’être plus destinés à des incroyants qu’aux membres fidèles de l’Église, on lisse le discours, on l’amoindrit, on s’agite comme dans n’importe quelle activité profane, on fait du social, du fraternel, de l’humanitaire… en oubliant le Christ ! N’est-il pas parfois évacué sous prétexte qu’il faut s’adresser « à ceux qui sont loin » ? Le résultat ? Non seulement on ne touche pas ceux qui sont loin de l’Église et qui sont indifférents à un discours aseptisé, mais en plus on fait fuir la jeunesse catholique avide de discours plus exigeants et plus vrais.
Pour être missionnaire, il faut croire, fermement, il faut connaître profondément, il faut aimer, non pas un vague idéal mais le Christ et sa Croix. Si on prêche cela sans relâche, comme Benoît XVI l’a fait lors de ces journées, alors les disciples deviendront des témoins et ils toucheront les cœurs qui ignorent le Christ : clairement les jeunes des JMJ 2011 y sont prêts… ardemment.