


La famille, « cellule de base de la société » créée par Dieu, est une nécessité vitale pour la vie de l’homme. « Il y a trois sociétés nécessaires, établies par Dieu, à la fois distinctes et harmonieusement unies entre elles, au sein desquelles l’homme vient au monde. Deux sont d’ordre naturel : la famille et la société civile; la troisième, l’Eglise, est d’ordre surnaturel » (Pie XI dans Divini illius magistri, 1929). Rien ne peut remplacer la famille pour un petit d’homme; c’est en son sein qu’il pourra puiser la vie humaine et parvenir à la pleine stature d’homme qui est l’état de vertu. C’est dire combien sont absurdes et criminelles les idéologies qui, à l’instar du communisme, ont prétendu éliminer la famille ou la réduire à un rôle subalterne. En attaquant la famille, c’est la société même que l’on mine inexorablement. Combattre la famille, ou même ne pas l’aider suffisamment, est donc beaucoup plus qu’un acte anti-chrétien, c’est un acte anti-naturel.
1. Le mariage, fondement de la famille
« La famille est fondée sur le mariage…, institution naturelle à laquelle est confiée exclusivement la mission de transmettre la vie humaine », lit-on dans le préambule de la « Charte des droits de la famille » publiée par le Saint-Siège le 22 octobre 1983. Le mariage est de droit naturel et concerne tous les hommes en dehors de toute considération religieuse. Le Christ l’a cependant élevé à la dignité de sacrement, en sorte qu’il ne saurait y avoir de vrais mariages entre baptisés qui ne soit sacrement. Par analogie au lien qui unit le Christ à l’Eglise, son Epouse, le mariage est indissoluble : « Enracinée dans le don plénier et personnel des époux et requise pour le bien des enfants, l’indissolubilité du mariage trouve sa vérité définitive dans le dessein que Dieu a manifesté dans sa Révélation : c’est Lui qui veut et qui donne l’indissolubilité du mariage comme fruit, signe et exigence de l’amour absolument fidèle que Dieu a pour l’homme et que le Seigneur Jésus manifeste à l’égard de son Eglise » (Jean-Paul II, Familiaris consortio, 1981, § 20). Les adversaires du mariage et de la famille – ce sont les mêmes car attaquer l’un c’est attaquer l’autre – ont porté leurs efforts dans deux directions : l’éducation, en essayant de la soustraire au maximum à la responsabilité des parents; la morale conjugale, en tournant en dérision la fidélité et en prétendant « libérer » la sexualité de toute contrainte. Force est de constater que telle a été la politique antifamiliale menée par les gouvernements français successifs, de droite comme de gauche. N’est-ce pas un gouvernement dit de « droite » qui a légalisé l’avortement contre le sentiment populaire d’alors ? Et que dire des mesures « familiales », dérisoirement timides au regard des enjeux, proposées par l’actuel gouvernement Balladur ? C’est contre de telles dérives que le Saint-Père s’est insurgé en interpellant sévèrement l’ONU et les Chefs d’Etat (cf La Nef de Mai 1994).
2. L’éducation
L’éducation des enfants appartient aux parents. L’école ou toute autre institution ne peuvent être que des auxiliaires de la famille. « Le droit et le devoir d’éducation sont pour les parents quelque chose d’essentiel, de par leur lien avec la transmission de la vie; quelque chose d’original et de primordial, par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du caractère unique du rapport d’amour existant entre parents et enfants; quelque chose d’irremplaçable et d’inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d’autres ni usurpé par d’autres » (Familiaris consortio, § 36). Ce texte de Jean-Paul II synthétise clairement le droit et le devoir des parents en matière d’éducation.a) Les parents et les enfants. – Les parents doivent chercher, non pas leur propre bien, mais celui de leur progéniture, les aider à s’épanouir dans leur propre vocation voulue par Dieu. Pour des parents chrétiens, cela signifie en premier