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L'imposture du gender

Editorial

Source :La Nef N°228 DE JUILLET-AOUT 2011
Nous avons appris fin mai que la théorie du gender (du « genre ») sera officiellement enseignée en 1ère dès la rentrée prochaine (elle l’est déjà à Sciences-Po). Cela se fera en SVT, discipline censée donner des bases sur des matières scientifiques. Or, la théorie du gender n’a strictement rien de scientifique, elle relève de l’idéologie la plus pure. Que dit-elle en effet ? Que la masculinité et la féminité (le « genre ») ne seraient pas déterminées par le sexe de la personne, mais par la culture, d’où l’idée de pouvoir devenir ce que l’on veut être, indépendamment de son sexe : on ne naîtrait pas homme ou femme, on le deviendrait (1) !

Le propre d’une théorie vraiment scientifique est de pouvoir être discutée pour permettre une éventuelle réfutation. Or, rien de tel avec le gender, puisque dénoncer l’absurdité de cette théorie, c’est forcément être victime de ses préjugés, hérités de sa culture, c’est révéler son racisme, son machisme et son homophobie. Aucun débat n’est ainsi possible, les lois antiraciste et antihomophobie aidant au besoin à faire taire les récalcitrants.

Née aux États-Unis dans les années 60 à la suite d’influences principalement françaises – Beauvoir, Foucault, Derrida… les philosophes de la « déconstruction » –, la théorie du gender a révélé son influence lors de la conférence de l’ONU sur la femme à Pékin, en 1995. Depuis, elle s’impose peu à peu dans les instances internationales en raison de la puissance des lobbies féministe et homosexuel qui la promeuvent. En effet, le gender feminism rejette le féminisme classique jugé trop timoré dans ses revendications d’égalité, son objectif étant infiniment plus radical en visant la destruction de la société patriarcale, ce qui suppose d’aller jusqu’à la « déconstruction » du langage, de la famille, de l’éducation, de la religion, de la culture, de la sexualité… Sorte de néomarxisme, le gender va en réalité beaucoup plus loin pour saper les bases de la société. « Pour les gender feminists, les marxistes ont échoué en voulant se concentrer sur des solutions d’ordre économique sans s’attaquer directement à la famille, la véritable cause des classes » (2).

Cette théorie du gender est l’aboutissement de la folle revendication de notre postmodernité d’une totale autonomie de l’homme qui refuse ce qui s’impose à lui sans qu’il l’ait choisi, allant maintenant jusqu’à façonner lui-même son propre genre, masculin, féminin, bi ou trans ! Outre la religion, bien sûr, qui enseigne l’existence d’un Dieu au-dessus de l’homme, le grand ennemi du gender est la notion de nature : un ordre créé implique en effet une finalité (ce pour quoi on est fait), de même que reconnaître une nature commune à tout homme – qui fonde sa dignité d’être raisonnable – suppose qu’il n’est pas libre de faire tout ce qu’il veut : il est ici limité par la loi naturelle qui s’impose à lui. On voit bien, derrière cette folle évolution, les revendications d’une volonté détachée de toute morale objective qui ne recherche qu’à faire accepter par la société toute pratique qu’elle juge légitime à tel moment. Et, en démocratie relativiste, il suffit d’une majorité pour avaliser n’importe quoi : hier l’avortement (puisque le petit être que l’on tue ne partage pas notre nature humaine qui n’existe pas), aujourd’hui l’union homosexuelle, demain l’euthanasie et, pourquoi pas, la polygamie si une majorité en est d’accord.

Au nom de l’égalitarisme hérité du marxisme, on confond égalité et identité, comme si deux êtres ne pouvaient pas être ontologiquement égaux et cependant différents, complémentaires. La dialectique mise en branle par le gender, à l’instar du marxisme, s’appuie sur la haine et le rejet de l’autre, jugé opprimant car différent. C’est une porte ouverte vers une société inhumaine, vers un totalitarisme effrayant, car il détruit l’homme d’une façon apparemment « douce » mais en réalité très violente en le ramenant 
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