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La fin du néo-darwinisme ?

Source :La Nef n°185 de septembre 2007
Les travaux scientifiques d’Anne Dambricourt sont de nature à remettre en cause le « dogme » néo-darwiniste. Ses découvertes sur le crâne humain montrent que l’évolution obéit à une
logique d’organisation supérieure incompatible avec toute
théorie basée sur le hasard. Cela a suffi pour la mettre au
banc de la communauté scientifique. Explications.


Née au xixe siècle de l’imagination de Charles Darwin en son Origine des espèces, la théorie de l’évolution fondée sur l’idée de sélection naturelle s’est imposée jusqu’à devenir un dogme incontestable. Ce qui était, au départ, considéré comme une forme de désaliénation par la science s’est transformé en un scientisme dogmatique. L’étonnant est qu’il semble devenu impossible de questionner les postulats du dogme issu du darwinisme, communément appelé le « néo-darwinisme », lequel est une sorte de lecture à la lettre de Darwin, l’équivalent dans la science de ce qu’est le créationnisme américain en matière de christianisme. À chacun ses obsédés de la « lettre », en somme.
Le philosophe autrichien Éric Voegelin (1) a montré que toute conception du monde qui pose comme postulat un refus de questionner ses présupposés propres est une matrice d’un processus totalitaire. Voegelin ne parlait pas directement du néo-darwinisme. Il évoquait cependant cette vision ultra-matérialiste du monde qui se présente maintenant comme une espèce de vérité indiscutable. Ses réflexions paraissent adaptées à ce dogme néo-darwiniste qui interdit tout questionnement de ses propres postulats, dogme dont les recherches menées par Anne Dambricourt sont victimes.
Quels sont les postulats et présupposés de ce dogme qui se considère comme certain ? L'homme évolue car il s'adapte à son milieu naturel et aux hasards de ses changements. C'est donc par nécessité d'adaptation aux modifications de l'environnement, au milieu extérieur, que l'hominisation a pu se faire dans le sens du grand singe vers l'homo sapiens actuel, chaque étape plus élaborée faisant disparaître la précédente. La mieux adaptée survit. C'est la sélection naturelle. Par exemple, la théorie dominante veut que l'apparition des Australopithèques coïncide avec un changement de locomotion dû à une modification environnementale qui réorganise l'écosystème. Plus apte à vivre dans ces nouvelles conditions, l'Australopithèque surpasse le grand singe et prend le pas sur lui. Dans cette acception de l'évolution, le hasard est doté, étrangement, d'une capacité d'organisation. La nature sélectionne entre les espèces capables de survivre ou pas dans ces nouvelles conditions. Mais ce modèle ignore le sens de l'évolution en ceci que tout changement est imprédictible. Autrement dit, l'homme n'a aucune raison d'être au monde. Aucun sens métaphysique. Cette théorie domine très largement la science. Ses implications philosophiques déterminent nos décisions actuelles en matière bioéthique, sociale et politique. Elle détermine aussi toute notre pensée. Ce qui apparaît comme fort surprenant est que personne ou presque ne semble plus s’apercevoir qu’il s’agit d’une théorie.
Pourtant, depuis vingt ans maintenant, une théorie questionne les postulats du néo-darwinisme. La paléontologue française Anne Dambricourt-Malassé, chercheur au CNRS, propose un autre regard sur l'origine de l'homme. En étudiant l'évolution d'un os situé au centre du crâne, le sphénoïde, l'os le plus complexe et le plus différencié du crâne, Anne Dambricourt a découvert qu'il subissait une torsion sur lui-même, toujours dans le même sens, à chaque saut d'espèce. Cette torsion s'accompagne de ce que la chercheuse nomme la « contraction cranio-faciale ». Cette étude, Anne Dambricourt l'a menée en comparant les os crâniens des singes, petits et grands, anciens et contemporains, ceux de l'Australopithèque, de l'homo erectus, de l'homo habilis, du Néanderthalien et de nous-mêmes, hommes de Cro-Magnon. Soit des mesures sur 60 millions d'années, appliquées à 
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