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La fin tant attendue du PCF

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Michel Toda

Source :La Nef n°186 d'octobre 2007
En proie à un irrésistible déclin, qu’a longtemps atténué l’invraisemblable indulgence ambiante, le Parti communiste français, malgré quelques places fortes subsistantes, semble condamné. État des lieux.

Le score minuscule obtenu par Mme Buffet, candidate du Parti communiste français (PCF), à la récente élection présidentielle, score si étroit (1,93 % des suffrages) que celui de M. Hue à l’élection de 2002, déjà très faible (3,37 % des suffrages), ferait presque figure, par contraste, de résultat honorable, ne pouvait laisser indifférents les observateurs. Cette fois, de l’avis de tous, un événement longtemps annoncé comme inéluctable venait de se produire : la disparition du PCF. On en était tellement sûr que nul n’attendit, avant de la claironner, l’issue des prochaines législatives. Eh bien, maintenant que cette dernière page est tournée, il nous faut constater que « la bête bouge encore » – pour reprendre un propos réjoui d’Alain Bocquet, ex-président du groupe « communiste et républicain » à l’Assemblée Nationale, brillamment réélu dans le Nord. Certes, les vingt et un députés que comptait le PCF dans l’ancienne Chambre se trouvent aujourd’hui réduits à quinze (plus deux apparentés et un dissident), nombre insuffisant pour garder leur groupe (auquel s’est substitué un « groupe technique » comprenant, en sus d’eux-mêmes, quatre Verts et deux élus ultramarins d’extrême gauche). Demeure néanmoins la matérialité d’une représentation parlementaire.
Jusqu’à quand ? La question se pose. Car beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis les jours fastes de la IVe République où, sans parler de la multitude des militants peuplant les cellules de quartier et d’entreprise, d’un réseau de presse et d’édition considérable… et de la crainte révérencielle que quantité de gens éprouvaient, notamment à l’Université, des directions idéologiques communistes, l’électorat du Parti avoisinait ou dépassait le quart des votants. Et même depuis les années Pompidou et Giscard où la candidature du vieux « kominternien » Jacques Duclos à la présidentielle de 1969 attirait 21,50 % des suffrages exprimés, où le Parti, aux législatives de 1968, 1973, et 1978, se maintenait à peu près à cette hauteur, tandis qu’était toujours disponible le puissant appui syndical fourni par la CGT, et expertes les nombreuses municipalités conquises à encadrer les populations ouvrières de la « Ceinture rouge ». À présent, tous les régimes marxistes-léninistes d’Europe de l’Est sont morts, y compris celui qui les avait créés et qui siégeait à Moscou. Plus d’URSS à défendre ! Donc plus de critère d’appartenance au communisme !
Cette défense opiniâtre de l’URSS, en effet, issue du caractère sacré assigné à la révolution bolchevique d’Octobre 1917, ne cesserait d’être le souci premier des communistes français. À l’époque de la guerre froide, ils la menèrent tambour battant. Par exemple, contre Victor Kravchenko, transfuge de la bureaucratie soviétique et auteur du livre J’ai choisi la liberté. Staline, alors, régnait (« aussi important, affirmait en 1949 le philosophe Henri Lefebvre, pour la science politique fondée sur l’analyse économique du monde moderne, qu’Einstein pour la relativité »), et aucun autre sentiment n’était de mise devant les merveilles qu’il accomplissait que la plus fervente admiration. Mais après lui, après le choc de son procès posthume, l’allégeance du PCF aux maîtres du Kremlin persista. Quand fut brisée, à l’automne de 1956, l’insurrection hongroise, qu’entendit-on ? Les trémolos approbateurs de nos communistes, soulagés de l’échec d’une tentative réactionnaire-fasciste... Idem en 1961, au moment de la construction salvatrice, par Walter Ulbricht et consorts, du mur de Berlin. Cependant, au lendemain de l’intervention armée du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, le 21 août 1968, Waldeck Rochet, successeur de Maurice Thorez au secrétariat général du Parti, déclara la réprouver – avant de consentir, bien 
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