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La France comme langue (1/2)

Paul-Marie Coûteaux

Source : La Nef N°295 de septembre 2017
particuliers énumérés par la loi, pas question d’employer en France quiconque ne parle pas français…
L’ossature linguistique de la politique française est si forte qu’elle inspire aussi une part de sa politique étrangère : en lançant (de façon peu diplomatique mais très calculée, puisque les accords qui allaient suivre étaient déjà prêts) du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal, voici exactement un demi-siècle (le 24 juillet 1967) le fameux « Vive le Québec Libre ! », le général de Gaulle fit plus qu’affirmer une solidarité fondée sur la langue, contrariant une solidarité atlantique qui du coup devenait comme seconde : il fondait ce qui allait devenir peu après « la francophonie », solidarité de peuples fort divers par la géographie, par la culture, par l’économie et même le régime politique, mais réunis par l’usage d’une même langue, élément qui décidément l’emportait sur tout.

On a souvent écrit sur la francophonie, et l’on gagerait que, pour beaucoup, elle ne fut qu’un épisode vite refermé, une promesse déçue : nous montrerons prochainement qu’il n’en est rien et que, de même que l’usage du bon français reste un élément central de notre vie commune, notamment dans sa dimension politique, la langue française reste pour la France un instrument diplomatique non seulement constant, mais appelé sans grand doute à se développer.
Paul-Marie Coûteaux 
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