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La maison Sainte-Blandine

Source : La Nef n°215 de mai 2010
En septembre 2010 s’ouvre à Lyon une année de propédeutique dans le cadre de l’association de prêtres Totus Tuus (prêtres diocésains attachés sans exclusive à la forme extraordinaire du rite romain), dont l’abbé Gouyaud est le modérateur. Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon, a été chargé par le cardinal Barbarin de diriger ce projet. Il répond à nos questions.

La Nef – D’où vient l’idée de cette Maison Sainte-Blandine et quel est son but ?


Mgr Jean-Pierre Batut – L’idée vient de loin. Elle apparaît pour la première fois en 1980, dans une lettre circulaire de la Congrégation pour l’Éducation catholique intitulée Quelques aspects plus urgents de la préparation spirituelle dans les séminaires. Ce document soulignait que la clef de la formation au sacerdoce était d’abord spirituelle, et que par conséquent il était nécessaire, avant toute formation philosophique, théologique et pastorale, d’affermir les fondements de la vie baptismale pour mieux discerner l’appel de Dieu.

Cela impliquait des éléments qui se sont peu à peu dégagés comme les piliers de cette année spirituelle, à côté d’autres éléments qui, eux, pouvaient changer : l’apprentissage de l’oraison, l’apprentissage de la liturgie des Heures, la messe quotidienne, la lecture intégrale de la Sainte Écriture, une grande retraite d’un mois centrée sur le discernement de la vocation, un service auprès des malades et des pauvres. Les enseignements dispensés sont strictement subordonnés à cet objectif : il ne saurait s’agir d’instaurer une « année de cours » supplémentaire – en d’autres termes : l’année dite « propédeutique » doit être comprise comme une année de fondation spirituelle.

Voilà pour l’intangible. Ce qu’on ne précisait pas encore à l’époque, c’étaient les formes différentes que pourrait revêtir cette année de fondation spirituelle en fonction des itinéraires des candidats. Ces itinéraires sont toujours partiels, et ils ont besoin d’être élargis aux dimensions de l’Église universelle. Mais ils sont aussi porteurs de richesses dont l’Église tout entière doit pouvoir profiter. Par exemple, les séminaristes issus des diverses « communautés nouvelles », que nous avons vu arriver en grand nombre à partir des années 80, avaient besoin de découvrir que l’Église était plus ancienne et plus vaste que la communauté dont ils étaient issus. En même temps, ils apportaient un sang neuf dont toute l’Église continue à bénéficier. Cela voulait dire qu’il était nécessaire qu’ils soient formés avec des candidats ayant suivi un itinéraire plus habituel, mais aussi qu’il était légitime qu’ils conservent leur spécificité, pour le bien de l’Église entière.

Qui a décidé des modalités de leur formation ?

Leur évêque ! Votre question m’amène à souligner un point très important. Depuis la mise en œuvre du Concile de Trente, avec la création des séminaires, la marche suivie par un candidat qui pensait être appelé à être prêtre diocésain et non religieux, a été de demander rendez-vous à son évêque et de se mettre à sa disposition. Spirituellement, cette démarche est sans prix, car elle souligne que l’appel au sacerdoce ne relève pas d’un choix personnel, mais de Dieu et de l’Église qui appelle. La première question qui se pose quand un jeune homme se présente n’est pas celle de la forme liturgique dans laquelle il a grandi, mais de savoir si vraiment Dieu l’appelle. C’est pourquoi il faut lui donner les moyens de bien vivre l’année de fondation spirituelle, en cohérence avec ce qui a nourri sa foi jusque-là, pourvu seulement que ce soit conforme à la tradition catholique et aux lois de l’Église, et de pouvoir ainsi mettre sereinement ces richesses au service de l’Église dans le sacerdoce diocésain.

Voilà pourquoi les candidats à l’année Sainte-Blandine devront nécessairement y être envoyés par un évêque – le fait de donner son accord pour la Maison Sainte-Blandine 
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