Présentation de la « Note doctrinale sur certains aspects de l’évangélisation ».
C’est dans le contexte d’un œcuménisme ambiant qui fait du dialogue une fin en soit que l’Église a tenu à rappeler l’importance de l’évangélisation au travers de la note doctrinale, parue le 14 décembre dernier, à Rome. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rappelé que l’évangélisation résumait à elle seule la principale mission de l’Église. « Annoncer Jésus-Christ, c’est se faire instrument de sa présence et de son action dans le monde », c’est là l’enjeu de toute l’œuvre de l’Église, c’est là-même le devoir de tout baptisé. L’évangélisation appartient à la nature même de l’Église : « De par sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission même du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père » (1). Elle est donc d’une importance capitale car ne pas évangéliser reviendrait à ôter à l’Église son essence même.
Cependant la Congrégation pour la Doctrine de la Foi souligne que l’unité au sein même de l’Église est indispensable : « l’unité est, en réalité, le sceau de crédibilité de la mission », sans quoi, il n’y a pas d’évangélisation possible. Jésus lui-même à la veille de sa mort n’a-t-il pas prié « pour que tous soient un… afin que le monde croie » (Jn 17, 21) ?
Pour le baptisé, annoncer le Christ est un devoir mais c’est aussi et avant tout un élan naturel. Se savoir aimé de Dieu est un trésor et une joie inaliénables et il est un « désir propre à l’homme de faire participer les autres à ses biens ». C’est pourquoi, instinctivement, les chrétiens vont « offrir gratuitement ce qu’ils ont eux-mêmes reçu gratuitement ». « Même si les non-chrétiens peuvent se sauver au moyen de la grâce de Dieu », la Foi apporte tant en joie et en paix au croyant qu’il n’évangélise plus par devoir mais pour faire partager aux autres la joie qui l’anime et les grâces qu’il en retire. D’où l’importance du « témoignage personnel qui demeure une voie de grande efficacité pour l’évangélisation ». Eclairé par l’enseignement et la prière, le témoignage permet à « la conscience personnelle d’un homme d’être atteinte, touchée par une parole tout à fait extraordinaire qu’il reçoit d’un autre » (2).
Le chrétien doit donc prendre conscience de ce droit, que le Seigneur a conféré aux hommes, de savoir que le Christ les aime et qu’Il s’est livré pour eux. Ainsi se dessine le devoir du chrétien : « toute l’activité de l’Église ne doit jamais être séparée de l’engagement qui consiste à aider tous les hommes à rencontrer le Christ dans la Foi, ce qui est le premier objectif de l’évangélisation ». Le rôle du croyant est de prendre conscience, en permanence, de sa bienheureuse situation et d’apprendre à ouvrir son cœur à la contemplation du mystère de Dieu qui par son Amour et la grâce de ses sacrements lui permet de goûter ici-bas, les biens du ciel.
L’obstacle majeur que connaît, aujourd’hui, l’Église dans son œuvre missionnaire c’est le relativisme inhérent à la société qui, « sous l’apparence de la liberté, devient pour chacun une prison ». Au nom de cette liberté, certains accusent l’Église de « prosélytisme », particulièrement quand il s’agit de chrétiens non-catholiques. La note explique l’origine de ce terme qui signifiait chez les Juifs passer dans le « peuple élu ». Les chrétiens avaient repris ce mot qui était synonyme de l’activité missionnaire. Aujourd’hui, il a une connotation péjorative, car il suppose l’emploi de moyens contraires à l’esprit de l’Évangile, qui ne respectent pas la liberté de la personne. Or, bien évidemment, « l’Église interdit sévèrement de forcer qui que ce soit à embrasser la foi ». Comment Dieu pourrait attenter à la liberté qu’Il a lui-même créée ? Si l’Église se défend donc de prosélytisme, elle réaffirme avec fermeté la nécessité de l’évangélisation des non-chrétiens