La mixité au collège, présentée comme un progrès, pose davantage de problèmes qu’elle n’en résout. Explications.
Actuellement, il est très difficile, pour les parents qui le désirent, de mettre leur enfant dans un collège non-mixte. Seules certaines grandes villes peuvent proposer une telle offre, et uniquement dans le privé. En une cinquantaine d’années, on est passé du « tout non-mixte » au « tout mixte ». Est-ce bien raisonnable ? Y a-t-il un lien nécessaire entre la modernité pédagogique et la mixité ?
On l’a certainement cru. Dans les années 1960-1970, un renouvellement de l’offre d’enseignement était indispensable, et les établissements privés ont valablement contribué à la recherche et à l’expérimentation. Dans les dernières années du XXe siècle, quelques collèges et lycées qui étaient restés non-mixtes se sont fait un devoir de passer à la mixité, en raison de la baisse de natalité qui commençait à atteindre les très grandes villes.
Or, la réflexion pédagogique a évolué, à partir de l’abondant matériel expérimental fourni par la mixité quasi-généralisée sur la planète. La mixité, ou co-éducation, n’est plus considérée comme la panacée, et les avantages de la non-mixité sont ceux d’une pédagogie adaptée à la variété des élèves et des besoins scolaires.
On se concentre mieux dans une classe homogène.
Dans une classe mixte, garçons et filles constituent deux groupes, qui ont chacun leur rythme de travail, leurs centres d’intérêt et leur langage. Les filles se plaignent souvent que les garçons les gênent, par leur attitude plus dissipée ou leur manque de sérieux. Mais la présence des filles constitue aussi pour les garçons une source importante de distractions, en raison de la fascination qu’elles peuvent susciter, des rivalités et autres phénomènes de micro-société.
Les classes non-mixtes, selon des études réalisées dans le monde entier, aboutissent à de meilleurs résultats que les classes mixtes. Concrètement, l’avantage moyen est de 21 % en faveur des classes non-mixtes. Dans une classe non-mixte, les filles participent davantage, développent leur estime de soi, ont de meilleurs résultats dans les tests d’aptitude, et choisissent plus volontiers, dans le secondaire, les sciences et d’autres domaines réputés masculins ; elles ont également des carrières plus avantageuses. Quant aux garçons, en milieu non-mixte, ils éprouvent moins le besoin de se faire remarquer, et développent un esprit de compétition qui les porte à se dépasser.
Différences de maturité.
Les filles possèdent, physiologiquement, une plus grande capacité relationnelle que les garçons de même âge. Une étude américaine de 2005 a comparé des nouveau-nés de quelques jours ; à leur droite, on mettait un dessin de visage, et à leur gauche, un mobile. Majoritairement, les filles se tournaient vers le visage, tandis que la plupart des garçons étaient fascinés par le mobile.
Le fonctionnement du cerveau est différent. D’après une étude de 2001, à l’adolescence, le cerveau féminin développe largement les zones qui permettent de parler de ses sentiments ; ce qui n’est aucunement le cas pour le cerveau masculin. Les garçons, eux, développent davantage les aires du cerveau correspondant à la géométrie et aux relations spatiales. Pour l’apprentissage de la géométrie, le cerveau d’une fille de 12 ans ressemble à celui d’un garçon de 8 ans. À l’inverse, pour rédiger une poésie, le cerveau d’un garçon de 12 ans est proche de celui d’une fille de 8 ans.
Pour homogénéiser l’enseignement, on regroupe les enfants en niveaux selon leurs capacités. Si les garçons et les filles sont intellectuellement différents, comme on le soupçonnait d’ailleurs depuis longtemps, il semble évident qu’on aurait avantage à les mettre dans des classes distinctes.
L’attitude face au travail.
On constate communément que les filles sont plus sérieuses que les garçons en classe. Elles apprennent de