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La Pologne, une oasis catholique en Europe

Yves Daoudal

Source : La Nef N°295 de septembre 2017
: celle du baptême de la Pologne, celle de la Sainte Vierge (de Czestochowa), celle « de la souffrance et de la réconciliation » (Katyn et Auschwitz), celle de la Liberté (cardinal Wyszynski, Jean-Paul II, Solidarnosc). Il y a aussi un institut et musée Wyszynski-Jean-Paul II, un Institut de la Vie avec des organismes caritatifs, un Institut de la Renaissance (pour la jeunesse), et au sous-sol le « Panthéon des grands Polonais » (mais les grands Polonais sont déjà dans la crypte du Wawel, à Cracovie…). Le Temple, carré, a quatre façades, et l’on arrive aux quatre parvis par quatre « routes » qui symbolisent le combat, la culture, la souffrance et la prière ; les parvis sont ceux de la Patrie, du Peuple de Dieu (avec un chemin de croix et le chemin de croix de l’histoire de la Pologne), de la vie, et de la gloire.

JÉSUS-CHRIST ROI DE POLOGNE
Le 1050e anniversaire du baptême de la Pologne eut comme point d’orgue le 19 novembre l’« acte de réception de Jésus-Christ comme Roi et Seigneur », au sanctuaire de la Divine Miséricorde, près de Cracovie, par les évêques, le président de la République et des membres du gouvernement et du Parlement, en présence de dizaines de milliers de personnes, au cours d’une grand-messe.
L’initiative était portée de longue date par des comités pour l’intronisation du Christ comme Roi de Pologne, qui étaient là avec leurs bannières et leurs capes rouges frappées de l’aigle royal sur l’épaule, avec l’image du Christ Roi dans le dos. L’idée au départ vient de Rozalia Celakowna (1), en cours de béatification, qui, peu avant la Seconde Guerre mondiale, demandait au nom de Dieu la consécration du pays au Sacré-Cœur et l’intronisation de Jésus comme Roi de Pologne. Il y eut une motion au Parlement en 2006, mais l’épiscopat avait fait la sourde oreille. Finalement le projet a mûri, pour le 1050e anniversaire du baptême. Dans une lettre pastorale, les évêques ont expliqué qu’« il n’est pas nécessaire d’introniser le Christ au sens de le placer sur un trône et de lui donner le pouvoir ou de le proclamer. En effet, Il est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs pour toujours ». Cependant, aujourd’hui « nous assistons à une tendance croissante de laisser Dieu en marge de la vie, ou même de s’éloigner de Dieu », ce qui Le prive du culte qui Lui est dû. Par conséquent « il est urgent d’introniser le Christ dans le cœur des fidèles, en ranimant la foi vivante et la vie de foi ».

Dans son homélie, le cardinal Dziwisz, archevêque de Cracovie (et ancien secrétaire de Jean-Paul II), a déclaré : « Nous invitons Jésus dans nos cœurs, nos familles, nos communautés, notre environnement, et dans tout ce qui constitue la Pologne. » Ajoutant que personne ne devrait avoir peur de proclamer cela. Et Mgr Czaja, le président des comités pour l’intronisation, a ajouté : « Il est nécessaire de respecter clairement la loi de Dieu, afin que la loi de l'homme ne prime pas sur elle. »
Les évêques proclamèrent l’Acte de réception de Jésus-Christ comme Roi et Seigneur, acte qui dès le lendemain, dimanche, fut également proclamé dans toutes les paroisses du pays.

LA GUÉRILLA DE BRUXELLES
Dans le même temps, le gouvernement polonais était soumis à un flot constant de critiques des institutions européennes et des médias de la pensée unique. Il ne se passait pas de mois que reviennent les menaces de sanctions contre ce pays qui ne respecte pas les « valeurs » européennes et qui porte atteinte à la « démocratie ». Le péché le plus grave était d’avoir fait voter une loi permettant de revenir sur le verrouillage du Tribunal constitutionnel effectué par le gouvernement précédent dans les derniers jours de sa mandature.

Le gouvernement polonais ne se laissa pas intimider et continua ses réformes, sachant que les menaces de Bruxelles ne peuvent pas être mises à exécution, puisqu’il faut un vote à l’unanimité des autres 
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