définition de la sainteté chrétienne ! S’efforcer de faire, toujours et en tout, avec l’aide de sa grâce et par amour, la Volonté de Dieu.
Cet appel est-il « pour tous » ?
Dieu n’a-t-Il pas ses saints, ses élus comptés à l’avance, les cent quarante-quatre mille dont parle l’Apocalypse
(Ap 7, 4) ? Chiffre symbolique d’une multitude débordante : douze fois douze mille. Dans cette surabondance, il y a de la place pour tous ; toutefois, tous ne feront pas partie des élus, puisqu’il y aura aussi des réprouvés (Mt 25, 46). Le baptême est cette première et définitive consécration, qui nous fait entrer dans cette famille des « saints », comme les premiers chrétiens aimaient à s’appeler mutuellement.
Vatican II a rappelé cet appel universel à la sainteté : « Il est donc clair pour tous que chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité » (Lumen Gentium, n. 40). Comme il est regrettable qu’après la ferveur des premiers chrétiens, la vigueur de cet appel du Christ ait été presque oubliée ! Pendant des siècles, seule une poignée de personnes a cru pouvoir postuler à l’excellence de la sainteté, comme à un concours réservé à une élite !
C’est pourtant une élite, et une excellence… C’est bien là le mystère : l’appel est universel, l’excellence est destinée à tous. La sainteté est ouverte « démocratiquement » à chacun, mais elle n’en est pas plus facile. « Paradoxe : la sainteté est plus accessible que la science, mais il est plus facile d’être savant que saint » (saint Josémaria, Chemin, 282).
Ne serait-ce pas de l’orgueil, de la témérité, de la présomption ? Moi, toi, nous tous… être saints ? Mais non : c’est un appel, une grâce, un don de Dieu. Et même, c’est une obligation, un engagement de notre baptême. « Tous les fidèles sont donc invités – et même tenus – à rechercher la sainteté et la perfection de leur état » (Lumen Gentium, n. 42).
On peut donc être saint dans la vie ordinaire : dans le mariage et la famille ; dans le travail ; dans les petites choses de chaque jour. Un jeune étudiant, qui avait un grand désir de s’engager pour le bien de l’humanité, se présenta un jour à saint François de Sales et lui demanda : « Que puis-je faire pour la paix du monde ? » Son interlocuteur lui répondit en souriant : « Ne claque pas la porte si fortement !… »
La sainteté est multiforme. « Dans la maison de mon père, il y a beaucoup de demeures » (Jn 14, 2). Et il y a autant de façons d’imiter le Christ que de personnalités, puisque « la grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne » (saint Thomas d’Aquin). Et pourtant, on peut ranger les moyens de sainteté en quatre catégories : les sacrements, la formation, l’unité de vie et l’apostolat.
Parvenir à la sainteté
Les sacrements sont les sources mêmes de la grâce. Le baptême purifie et sanctifie ; la confirmation met le baptisé debout. Une place particulière est réservée à l’Eucharistie et à la confession. L’Eucharistie, parce qu’elle nous donne l’Auteur de la grâce. Pour qui veut réellement être saint, elle doit être reçue chaque jour, si possible. « Devenez ce que vous recevez », dit un beau chant : c’est par le Christ que l’on s’assimile au Christ. Participer à la sainte Messe et communier chaque jour, c’est déjà un vrai programme de sainteté. C’est aussi s’intégrer à la vie liturgique de l’Église qui est, selon la belle expression de Bossuet, « le Christ répandu et communiqué ».
La confession fréquente est un autre moyen privilégié. « La confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est vivement recommandée par l’Église. En effet, (elle) nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit » (Catéchisme de l’Église