En pleine conférence de Copenhague sur le climat, Benoît XVI rendait public son traditionnel message pour la journée mondiale de la paix du 1er janvier au titre significatif : « Si tu veux construire la paix, protège la création ». Ce texte est un petit bijou que chacun devrait lire, relire et méditer. Non seulement parce qu’il donne très clairement la position de l’Église en matière d’écologie, mais plus encore parce que les principes qui l’animent sont un modèle de bon sens et d’équilibre qui devraient rencontrer l’adhésion de tous. Or, si nombre de chrétiens se réfèrent à cet enseignement, c’est souvent pour en faire un tri. Et le débat sur ces questions écologiques n’est pas aisé, car les positions sont souvent extrêmement tranchées, voire manichéennes.
D’un côté, ceux que l’on appelle les « climats sceptiques » ne voient que manipulations dans tous les résultats « scientifiques » (type GIEC) qui vont dans le sens d’une responsabilité de l’homme dans le « réchauffement climatique » et se plaignent du rouleau compresseur médiatique qui impose sans débat des scénarios catastrophes pour pousser les pouvoirs publics à agir. Certes, il y a là parfois excès et idéologie, en ce sens, les critiques des « climats sceptiques » sont utiles et devraient alimenter un juste débat.
Mais leur refus de voir une quelconque influence de l’homme dans le « réchauffement climatique » conduit à une position intenable qui consiste à dire : continuons comme avant, ne remettons surtout pas en cause nos modes de vie, consommons toujours plus, qu’importe la pollution, cela n’a guère d’incidence sur l’environnement, etc. Bref, cela tend à déresponsabiliser l’homme face à des problèmes écologiques qui sont bien réels et qui dépassent la seule question du « réchauffement climatique ».
D’un autre côté, les mauvais écologistes ont une conception totalement erronée de la nature et de la place de l’homme au sein de celle-ci. Ils idolâtrent une nature idéalisée et n’aiment guère l’homme qu’ils ne voient que comme un prédateur ; ils préfèrent la planète à l’humanité ! Ils ont tellement peur de l’homme qu’ils en arrivent à voir le développement démographique comme le plus grand danger qui guette la planète : c’est un malthusianisme pire encore que celui du XIXe siècle !
Face à cela, Benoît XVI prône la vraie écologie, celle dont nous devrions tous êtres des adeptes convaincus et que je résume très succinctement en trois points.
1. D’abord, à la différence des « climats sceptiques », le pape reconnaît sans ambages l’existence d’un drame écologique « qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération, écrit-il. Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales ? » (n. 4). Et il prévient : « le rythme actuel d’exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures » (n. 7). C’est pourquoi, il plaide pour « des accords internationaux contraignants » (1).
2. Ensuite, après Jean-Paul II, Benoît XVI évoque la « crise écologique » actuelle, celle-ci ayant « un caractère principalement éthique » (n. 4) et étant liée « au concept même de développement et à la vision de l’homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création » (n. 5). Le pape situe donc la résolution du problème écologique à son juste niveau : celui de l’environnement et des ressources naturelles à sauvegarder, certes, mais aussi celui de la culture et de la morale : « L’humanité a besoin d’un