Dans la série des chanteuses frénétiques, après Madonna qui se sentait obligée, pour vendre des disques, de jeter sa petite culotte et, maintenant qu’elle a vieilli, de se limiter à des provocations « esthétiques » (Marine Le Pen affublée de la croix gammée), il nous faut citer Lady Gaga. Comme son nom l’indique, elle est folle à lier, du moins affecte-t-elle de le montrer, mais c’est toujours, comme pour une bonne part de l’art contemporain, avec la simple nécessité de provoquer gratuitement pour faire parler de soi.
Lady Gaga donc devait « se produire » début juin en Indonésie où les 52 600 places du concert avaient été vendues en quelques jours. Mais c’était sans compter sur les islamistes radicaux indonésiens qui, à force de menaces, auront finalement obtenu ce qu’ils cherchaient : l’annulation du concert, mais aussi, tout comme les autres, de faire parler d’eux. Je ne discute pas leur choix musical qui, en l’occurrence, relève plutôt du bon sens mais sur le fait qu’ils aient à nouveau réussi, par intimidation, à remporter une victoire. Cela ne pourra que les encourager, eux et leurs collègues du reste du monde, à poursuivre cette stratégie basée sur l’intimidation par la violence.
Ces gens-là interdisent Lady Gaga mais leur liste d’interdictions ne s’arrête pas là. D’ailleurs, si l’on regarde bien, c’est simple, tout est interdit, sauf ce que préconise l’islam et, pour être plus précis, ce que Mahomet préconisait il y a quatorze siècles.
J’étais récemment au Nigéria où le nord du pays est sous la coupe réglée d’un groupe islamiste nommé Boko Haram, ce qui signifie « les livres sont interdits » : tout un programme ! Tous les livres sont interdits, sauf bien sûr le Coran…
Or, qu’observons-nous aujourd’hui ? Dans de plus en plus de pays, les musulmans les plus extrémistes gagnent du terrain. Nous assistons à une radicalisation de l’islam qui se propage et contre laquelle rien pour le moment ne semble pouvoir s’opposer. La majorité des musulmans n’est pas extrémiste mais progressivement, ils se retrouvent aux prises avec cette radicalisation dont ils sont les premières victimes et contre laquelle ils n’osent s’exprimer. Or, le problème de l’extrémisme, c’est qu’on trouve toujours plus extrémiste que soi. Cela débouche sur une véritable fuite en avant, les extrémistes d’hier étant dépassés par ceux d’aujourd’hui qui seront jugés trop timorés par ceux de demain…
Il est difficile de voir où cette spirale nous mènera. Comment fait-on pour en sortir ? Existe-t-il des anticorps ? Et après tout, veulent-ils en sortir ? Si l’on se réfère aux aspirations du « printemps arabe », il semble qu’il y avait un réel désir de liberté. Cette liberté revendiquée et l’imposition d’un contrôle religieux strict sont-ils compatibles ? Et durables ? Peut-on imaginer que l’Iran restera indéfiniment un État théocratique ? En disant cela, je ne critique pas l’Iran qui est libre de choisir son mode de vie. J’observe simplement que là aussi, il semble qu’il y ait de fortes aspirations au changement en vue de plus de liberté, notamment de la part de la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir du pays.
Puisqu’il est question de liberté, évoquons la liberté religieuse en faveur de laquelle l’AED (Aide à l’Église en Détresse) organisait une journée à Paris le 26 mai dernier. Le royaume du Bahreïn était notre invité d’honneur et la reine a fait une belle déclaration en faveur de la liberté religieuse qui y est objectivement, si l’on compare aux autres pays de la péninsule arabique, plutôt bien respectée. Sans doute devrait-on maintenant faire quelque chose avec les chiites et notamment avec l’Iran qui, là aussi, objectivement, respecte davantage la liberté religieuse qu’un pays comme l’Arabie Saoudite. Les difficultés sont nombreuses, mais il nous semble plus pertinent d’encourager ces pays à s’engager pour la liberté religieuse que de les