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Le devoir de voter

Christophe Geffroy

Source : La Nef N°291 D'AVRIL 2017
Le 23 avril, les Français auront à choisir parmi onze candidats, tout en sachant qu’a priori juste trois ou quatre d’entre eux ont une chance sérieuse d’être au second tour, soulevant ainsi l’éternelle question du « vote utile », si tant est que l’on pense que certains prétendants à la magistrature suprême puissent être notablement plus néfastes que d’autres. Quand on ne se sent représenté par aucun des grands partis en présence, il faut avouer que la sélection ne va pas de soi. Les chrétiens doivent ici éviter deux tentations opposées : se détacher du temporel, mépriser le vote et se réfugier dans le spirituel au prétexte qu’il est l’essentiel ; ou, inversement, tomber dans l’activisme en absolutisant une option politique forcément contigente sur laquelle les chrétiens peuvent, fort heureusement, légitimement diverger.
La situation du pays est grave et appelle un choix éclairé. La fracture sociale entre la « France d’en haut », qui vit la mondialisation libérale comme une opportunité, et la « France périphérique », qui en est la victime, ne cesse de s’aggraver. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté augmente, on est passé sous la présidence Hollande de 2,9 à 3,6 millions de chômeurs. Cette France qui souffre est celle qui est aussi la plus exposée aux problèmes insolubles d’intégration d’une immigration massive responsable d’avoir importé chez nous l’islamisme, qui sème la violence aveugle pour alimenter la haine et ainsi déclencher des situations insurrectionnelles, prémisses de la guerre civile. Tout cela crée un climat social délétère quand la richesse est aussi peu équitablement répartie, quand la population la plus fragile est abandonnée au nom d’un aveuglement idéologique qui empêche de voir la réalité.

UN BOULET TERRIBLE
D’un autre côté, la France est l’une des championnes du monde des prélèvements obligatoires, l’un des pays les plus bureaucratisés de la planète avec un nombre record de fonctionnaires : tout cela représente désormais un boulet terrible quasiment impossible à réformer, tant le système s’appuie sur des corporatismes et un clientélisme étouffants qui tuent dans l’œuf toute velléité de réforme au nom des sacro-saints « droits acquis » ! Et cette situation perdure alors que nous cumulons un endettement abyssal qu’il faudra bien commencer un jour par résorber, ce qui est évidemment impossible sans demander à tous de réels sacrifices – langage inconnu de tout politique cherchant à être élu& 8200;–, lesquels devraient toucher en premier lieu les plus hauts revenus, qui ont le plus progressé ces dernières années, les politiques devant eux-mêmes montrer l’exemple.
Enfin, dans l’ordre international, l’Union européenne impose un carcan injustifié et absurde, totalement contraire au principe de subsidiarité qui marque l’échec patent de la supranationalité, tandis qu’elle ne pèse en rien dans la diplomatie mondiale. Incapable de défendre les intérêts de ses membres, l’UE se décompose dans l’idéologie des droits de l’homme qui est pour elle l’alpha et l’oméga du politique. Alors que le monde change à grande vitesse, que partout s’affirme le fait national avec une redistribution des cartes entre les États-Unis, la Russie et la Chine notamment, la France et l’UE demeurent sans vision politique, toujours à la remorque de l’Otan qui reste la chose des Américains.

L’AMPLEUR DE LA TÂCHE
Ce rapide panorama est loin d’être exhaustif. Il suffit cependant à montrer l’ampleur de la tâche qui attend le futur président. Certes, celui-ci, quel qu’il soit, ne pourra pas, à l’évidence, tout résoudre. On a d’ailleurs une fâcheuse tendance, en France, à souvent trop attendre du politique et d’une élection, comme si un homme pouvait inverser à lui seul les tendances lourdes d’une société ! Il n’empêche que le chef de l’État a malgré tout un réel pouvoir, même s’il est plus faible que celui que l’on imagine, et donc sa personne 
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