Kosovo dans le conflit millénaire entre chrétiens et musulmans, est hostile à cette volonté américaine. Outre les Serbes et les Russes, leurs éternels alliés, Bulgares et Macédoniens, sont fondamentalement hostiles à la mainmise musulmane sur ces trésors chrétiens du Kosovo. C’est là que se trouvent les importants monastères et églises de Gracanika, de Lieviska et de Pec, qui soulignent le poids de la chrétienté orthodoxe dans les conflits avec les Ottomans dans les Balkans depuis l’ère byzantine. Pour nombre d’orthodoxes, abandonner le Kosovo aux albanophones musulmans est un crime d’autant plus grand qu’églises et monastères, aujourd’hui toujours, ne sont pas des monuments, mais des lieux vivants, vibrant de foi, héritiers d’une longue histoire.
Y avait-il d’autres solutions pour le Kosovo, en dehors de l’indépendance ? On pouvait envisager un partage de la province en regroupant la population serbophone dans le Nord-Est de la région à proximité de la Serbie traditionnelle et donner le Kosovo albanophone à l’Albanie : cela paraît dangereux à plusieurs titres, plus précisément car cela confortait le rêve d’une Grande Albanie annexant le tiers occidental de la Macédoine et la province grecque d’Epire, grande Albanie envisagée par les Italiens en 1915 et plus tard au temps de Mussolini.
Naturellement la vraie solution était de laisser le Kosovo à la Serbie, mais de faire du Kosovo albanophone une région jouissant d’une grande autonomie garantie par l’Union européenne. Cette solution complétée par le rattachement de la Bosnie serbophone à Belgrade, la Bosnie musulmane et catholique étant rattachée à la Croatie. Cela éviterait l’existence de micro-États qui pourraient constituer de vrais précédents dans l’Union : l’Ecosse, la Flandre, le Pays Basque, la Corse et bien d’autres.
Une fois encore, pour tancer Moscou et interdire l’extension de Gazprom, les États-Unis ouvrent des vannes dangereuses. Le drame est que les États membres de l’Union européenne se tiennent cois, n’osant pas faire de peine même légère à Washington. Or le gazoduc russe arrivant à Kotor devrait protéger l’Europe des incidents russo-ukrainiens.