Dans le contexte de cette célébration de la sainte Messe selon la forme extraordinaire du rite romain, je voudrais souligner l’aspect le plus élevé et le plus parfait de notre vie dans le Christ, à savoir notre participation au culte divin, spécialement par la célébration du Sacrifice Eucharistique. […] La réalité de l’Incarnation rédemptrice qui nous étonne en ces jours, doit nous étonner encore et toujours plus profondément à chaque fois que nous assistons à la sainte Messe. Le rite de la Messe, qui s’est développé dans l’Église sous la conduite de l’Esprit Saint, invite notre regard à travers chacun de ses détails, à voir le grand Mystère de l’amour de Dieu pour nous, amour incommensurable et continu, accompli dans l’action de la sainte Messe.
Après le Concile œcuménique Vatican II, mais non pas en raison du Concile, la modalité de la réforme du rite de la Messe sous certains aspects a considérablement obscurci l’action divine dans la sainte Messe, qui unit le ciel et la terre, et a induit plus d’un à penser faussement que la sainte Liturgie est une activité essentiellement nôtre, une activité que nous avons inventée, en quelque sorte, et avec laquelle nous pouvons donc nous livrer à des expériences. La vérité de la sacrée Liturgie est bien différente. En effet, la sacrée Liturgie est l’action de Jésus-Christ, vivant dans son Corps Mystique par l’effusion de l’Esprit Saint ; elle est un don qu’Il nous fait, que nous devons recevoir, apprécier et sauvegarder selon les indications de nos pasteurs et spécialement du Saint-Père, le vicaire du Christ sur la terre, et donc Pasteur de l’Église Universelle. Nous sommes appelés ainsi en ces temps qui sont les nôtres à accueillir l’enseignement que notre Saint-Père Benoît XVI nous a laissé dans sa lettre apostolique Summorum Pontificum, par laquelle il a voulu restaurer la forme du rite de la Messe pour exprimer plus pleinement et efficacement la vérité de la sacrée Liturgie.
Établissant « le Missel romain promulgué par saint Pie V et nouvellement édité par le bienheureux Jean XXIII » comme « forme extraordinaire de la liturgie de l’Église », le Saint-Père a voulu maintenir cette forme du rite « selon l’honneur qui lui est dû en vertu de son usage vénérable et ancien » remontant au pontificat de saint Grégoire le Grand et qui a toujours été respecté et sauvegardé au long de la vie pluriséculaire de l’Église. Les deux formes, c’est-à-dire la forme ordinaire et la forme extraordinaire de l’unique rite romain ne signifient aucune division dans l’Église, mais reflètent l’unité organique du culte divin au long des siècles de l’histoire chrétienne, et en effet, l’action de Dieu qui vient à notre rencontre par le don incomparable de son amour envers nous, le don du Fils de Dieu fait homme, surtout dans la très sainte Eucharistie, pourvoit à l’enrichissement mutuel des deux formes en vue d’exprimer plus fidèlement la réalité du culte divin. C’est ainsi que notre Saint-Père, au temps de la promulgation de la lettre apostolique Summorum Pontificum, a écrit ces paroles aux Évêques du monde entier : « Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum.
L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église, et de leur donner leur juste place. »
Étant fidèles au magistère du Saint-Père, très justement nous célébrons le rite romain selon la forme extraordinaire aujourd’hui pour nous aider à entrer plus pleinement dans la connaissance du Mystère de la Foi, le mystère de l’amour de Dieu envers nous, et répondre au mystère avec un amour pur et désintéressé envers Dieu et envers le prochain. […]
Nous