Le nouveau départ d'Ichtus
Source :
La Nef
N°227 DE JUIN 2011
Entretien avec Bruno de Saint-Chamas, président d’Ichtus
depuis le 14 décembre 2010.
La Nef – Votre nomination s’inscrit-elle dans la continuité de l’association ou marque-t-elle un tournant ?
Bruno de Saint-Chamas – Cette nomination doit certainement être interprétée avec l’herméneutique de la continuité dont La Nef a su si bien être pour la France le champion. Elle s’inscrit donc, sans rupture, dans la vie normale et le travail d’Ichtus, avec la volonté réelle d’associer au développement de cette œuvre tous ceux qui ont été les compagnons de Jean Ousset.
Quel est selon vous le rôle que doit jouer Ichtus dans l’ensemble des organisations de laïcs chrétiens aujourd’hui?
À la lumière de la doctrine sociale de l’Église, l’ambition d’Ichtus est de former à l’exercice des responsabilités civiques et à l’action culturelle, et de contribuer ainsi à la transformation des pratiques et des institutions politiques et sociales de la France.
Je suis frappé de voir combien le travail d’Ichtus au service de la Cité est attendu et considéré comme irremplaçable alors que se sont multipliés les initiatives de formation et les réseaux spécialisés. À l’occasion des vœux de début d’année, plusieurs évêques nous ont encouragés à poursuivre notre mission « au service du bien commun ». Quel plus bel hommage de l’Église pouvons-nous attendre pour plus de 60 ans de fidélité à l’intuition de notre fondateur Jean Ousset ! Il nous était même recommandé de façon très spécifique de poursuivre la formation donnée par Ichtus : « quand des élus ou des assistants parlementaires sont passés chez vous, ils ont une formation solide et on peut compter sur eux sans qu’ils se fassent piéger ! »
Au-delà de la formation, Ichtus s’applique sans relâche à favoriser et souvent rendre possible la mise en réseau et s’attache à susciter le démarrage d’actions sur des thèmes ou dans des domaines non encore « exploités ». Notre raison d’être se révèle par l’aide apportée aux différentes associations et initiatives dont les animateurs ont été très souvent formés « rue des Renaudes ». Nous travaillons actuellement sur tous les dossiers qui touchent à la politique de la vie, à la politique de la famille et à l’éducation. Nous réunissons un « bureau d’études » pour travailler activement à la recherche de « bonnes pratiques » capables d’aider les entreprises à « sortir de la crise » en refondant la confiance et en replaçant le don et la gratuité dans l’économie marchande pour répondre à l’injonction pressante de Benoît XVI.
Jean Ousset, le fondateur de la Cité Catholique, aujourd’hui Ichtus au service de la Cité, insistait sur l’importance du rôle auxiliaire de notre action. Aimer faire réussir les actions et les initiatives des autres. Nous sommes très attachés à ce tour d’esprit qui est la marque de fabrique des « animateurs » d’Ichtus. Pour reprendre la formule d’Aristote dans l’Éthique à Nicomaque, « ce peut être plus noble d’être responsable de l’action accomplie par son ami que de la faire soi-même ».
Quels sont vos projets à court et moyen terme ?
Nous continuons les formations doctrinales et culturelles sous la forme de parcours « Rue des Renaudes », notre « Base 49 ».
La formation à l’action culturelle se fait par des séances « apprendre à voir » qui permettent de redécouvrir le réel et de faire une expérience des fruits de la civilisation. Ces formations se multiplient et trouvent de nouveaux champs d’application, en particulier pour l’éducation affective et sexuelle des jeunes pour les aider à associer l’amour à une réalité positive.
La formation doctrinale cette année est plus spécifiquement centrée sur des parcours Jean-Paul II. L’objectif est de pouvoir, en 4 ou 6 séances, redécouvrir (et souvent découvrir) la doctrine sociale de l’Église en suivant la démarche du pape béatifié cette année.