Toute la presse européenne met en avant le nom de « parti populiste » pour qualifier les mouvements d’extrême droite. On ne comprend pas très bien cela. Si l’on en croit le Grand Robert de la langue française, le populisme est un « mouvement qui accorde de l’importance aux couches populaires de la société ». Est-ce à dire que tous les autres partis politiques se désintéressent de ce que pense le peuple ?
Il est certain qu’aujourd’hui, le fait populiste est largement présent en Europe et a surtout un caractère culturel, en réaction à l’immigration, notamment musulmane. En moins de vingt ans, la population immigrée s’est considérablement accrue et est désormais perçue comme une menace des cultures traditionnelles et identitaires européennes. Or, que ce soit en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, ce problème n’a pas été pris en compte. Bien plus, l’Allemagne se lança dans une politique multiculturelle reconnaissant les valeurs des uns et des autres, mais entraînant une fracture profonde dans la population. Il était évident que voir les Turcs coloniser véritablement un quartier de Berlin ne pouvait qu’agacer profondément la population allemande.
Des phénomènes analogues se retrouvent dans les pays scandinaves et aux Pays-Bas. On met en avant des traditions de tolérance et de démocratie de ces États pour s’étonner de leurs réactions xénophobes. Elles sont pourtant naturelles quand on connaît un peu l’histoire de ces États profondément attachés à leur identité nationale et culturelle luthérienne. Jusqu’au début du XXe siècle, les catholiques sont à peine tolérés et il faudra attendre… 2009 pour qu’un monastère soit implanté en Suède. L’identité culturelle des trois pays scandinaves et de la Finlande, fondée sur l’appartenance, théorique, au luthéranisme explique la présence dans les Parlements de ces États de nombreux députés populistes et la participation de l’un de ces partis au gouvernement danois.
Le cas le plus typique est celui de la Suisse. Du fait de l’existence de la démocratie directe, on a vu le peuple suisse souverain imposer par votation au Parlement helvétique une loi sur les minarets et la mise en place d’une double peine à l’encontre des criminels étrangers.
Un sondage récent publié par Le Monde montre qu’aux yeux des Français, 68 % des musulmans ne sont pas intégrés ou mal intégrés, et pour 42 % des Français, la communauté musulmane est une menace pour la France. Ce que l’on reproche à l’islam, c’est son refus des valeurs occidentales. Ce qui est intéressant, c’est de constater que les jeunes de moins de 25 ans ne sont que 35 % à considérer les musulmans comme intégrés, et que politiquement, même à gauche, seuls 40 % des électeurs estiment que l’islam est un facteur d’enrichissement culturel. Au centre, il n’y a plus que 17 % favorables à cette tendance, et chez les sans-parti, 12 %.
Il est significatif que les États européens n’aient pas réagi. Ils ne parlent que d’intégration, c’est-à-dire d’un phénomène socio-économique et non point culturel. Or une véritable politique à l’égard des étrangers, s’ils veulent s’implanter, doit se fonder sur l’assimilation. Ce mot semble banni du vocabulaire politique de la plupart des États européens, à croire que l’on souhaite la permanence de communautés étrangères qui auraient simplement un travail et un logement. En réalité, une telle position est dangereuse ; elle rejoint le multiculturalisme des Allemands, et on constate aujourd’hui que cette politique a échoué dans la mesure où elle est source de conflits ; une politique d’assimilation devrait conduire à la prise de mesures qui sont plus que symboliques. Dans le cas de la France, la politique culturelle et scolaire de la IIIe République doit être remise à l’honneur : interdiction de parler autre chose que le français à l’école, interdiction aux collectivités locales d’organiser des cours de langues étrangères, surveillance médicale des jeunes filles, pour éviter