L’avortement entraîne bien souvent un traumatisme. C’est un sujet tabou en France, d’où l’intérêt d’un livre récent (1) qui
s’appuie sur de nombreuses études puisées dans 112 articles
parus entre 1985 et 2002 dans 43 revues médicales de haut niveau scientifique provenant de sept grands pays industrialisés.
L’existence d’un traumatisme post-avortement, en tant que traumatisme consécutif à une interruption volontaire de grossesse, commence à être bien connue des médecins gynécologues-obstétriciens ainsi que des psychiatres. La connaissance de ce traumatisme repose actuellement en France sur les témoignages de femmes ayant subi un avortement.
C’est important, mais les éléments recueillis sont forcément très subjectifs. D’autre part, il est bien connu aujourd’hui que les femmes ayant subi un avortement sont d’autant plus réticentes à en parler que le traumatisme subi a été plus important. Rappelons-en cependant quelques-uns parus dans la presse : « Après mon IVG, j’ai pleuré pendant six mois. J’ai mis des années à m’en remettre, en traînant un état dépressif. Personne ne vous prévient du choc terrible qu’on subit ».
« J’étais groggy en sortant de l’hôpital. J’ai mis du temps à réaliser. J’ai joué à la forte avant de m’effondrer en larmes en criant “mon bébé est à la poubelle”. Ne croyez pas ceux qui vous disent, ce n’est rien du tout ».
« J’ai avorté trois ans avant mon mariage, puis j’ai fait un mariage heureux et j’ai eu trois enfants. J’étais très heureuse dans mon couple et en famille. C’est seulement quinze années après que j’ai été prise par un état dépressif inexplicable : après en avoir cherché longtemps la cause, je me suis rendue compte que cela remontait à cette IVG ».
Constitué d’un ensemble de symptômes, variables d’une personne à l’autre, « le traumatisme post-avortement », apparaît à plus ou moins long terme, alors même que la femme a l’impression d’avoir oublié. Après l’IVG, la femme éprouve un sentiment de soulagement : son problème semble réglé. Mais peu à peu ce soulagement fait place aux troubles : culpabilité, perte de l’estime de soi, perte de l’appétit, insomnies et cauchemars, état dépressif persistant. Des problèmes apparaissent avec le conjoint, avec les autres enfants et l’entourage. Il faut savoir que 50 % des couples qui vivent une IVG sont conduits à se séparer dans un délai assez bref.
Tous ces symptômes s’amplifient chaque fois que la femme rencontre un événement qui lui évoque son avortement : nouvelle grossesse, amie enceinte, et surtout le jour anniversaire de l’IVG ou de la date où l’enfant aurait dû naître.
En France, cette souffrance est encore « interdite », car très peu de personnes sont disposées à l’écouter : mari, compagnon, famille, médecins et psychothérapeutes sont peu à l’écoute d’une détresse vécue dans le silence et la solitude. On prétend que ce traumatisme n’affecte que des femmes ayant déjà éprouvé des troubles antécédents, ou que cette culpabilité est d’origine religieuse. Mais cette position ne tient plus : pratiquement toutes les mères qui ont eu une IVG subissent des troubles à des degrés divers, dans tous les pays du monde et dans toutes les cultures, qu’elles soient croyantes ou non.
Les conclusions proposées ci-dessous ne sont pas fondées sur des témoignages ou des enquêtes menées auprès de femmes ayant subi un avortement, mais en répertoriant les actes médicaux concernant ces personnes avant et après leur IVG. Cela donne des éléments sûrs et vérifiés d’ordre scientifique et statistique dont il est difficile de contester l’objectivité.
Les principales conséquences
physiologiques.
Les conséquences de l’avortement pouvant entraîner la mort à court terme sont : les hémorragies, les infections, les embolies, l’anesthésie, les grossesses extra-utérines non diagnostiquées.
On dénombre en France, d’après une enquête de l’OMS sur les