Recherche
  • Accueil
  • Archives de la Nef
  • Église
  • L'Église dans le monde

Les bénédictins de Nursie : priorité aux églises

Père Benedict Nivakoff

Source : La Nef N°291 D'AVRIL 2017
Nursie, lieu de naissance de saint Benoît en Italie, a été frappée par trois séismes dévastateurs, les 24 août, 26 et 30 octobre 2016, qui ont détruit la basilique et toutes les églises de la ville. Au milieu des décombres, des moines bénédictins tentent de redonner de l’espoir à la population. Le Père américain Benedict Nivakoff est le nouveau Prieur, depuis
le 23 novembre 2016, de cette jeune communauté. Entretien.


La Nef – Comment votre communauté a-t-elle vécu les tremblements de terre qui ont gravement touché le centre de l’Italie ?
Père Benedict Nivakoff – Il y a eu trois grands tremblements de terre. Après le premier d’entre eux, une moitié de notre monastère a été considérée comme dangereuse. Nous avons donc déplacé la plupart des moines dans des tentes, sur le flanc de la montagne où nous possédons un ancien monastère en ruines et quelques propriétés. Après la seconde secousse, l’ensemble du monastère a été déclaré à risque. Toute la communauté a donc été transportée dans de petites maisons en bois, construites pour l’occasion. De là, nous avons observé et ressenti le dernier tremblement de terre dévastateur, alors même que nous nous préparions pour la messe solennelle du 30 octobre 2016, fête du Christ Roi. J'avais préparé mon sermon et écrit les mots : « mon Royaume n'est pas de ce monde », quand le séisme s’est de nouveau déclenché. Un nuage de poussière a explosé, et tout a commencé à tomber par terre. Nous avons laissé les frères sur la colline, agenouillés et priant les psaumes, le chapelet et des litanies, alors que les prêtres, de leur côté, couraient dans les décombres pour sortir les blessés et oindre les mourants. Le grand miracle a été qu'il n'y ait pas eu de morts. C’est vraiment inouï, quand on voit les dégâts provoqués…

Les télévisions italiennes ont montré des images de la population de Nursie, à genoux, priant devant la basilique détruite, juste après le séisme du 30 octobre. Devant une telle calamité, on se tourne naturellement vers Dieu ?
z& 8200;C’est vrai que des gens ont prié avec nous, pour certains en tout cas. Mais pour beaucoup d’autres, cela n’a pas été le cas. Nous les avons pourtant encouragés, nous avons insisté pour qu'ils confessent leurs péchés et se préparent à la mort. Nous étions alors tous coincés sur la place principale de la ville, pendant que les bâtiments tremblaient. À ce moment-là, si la façade ou le clocher de la basilique étaient tombés, nous serions tous morts. Mais il faut bien reconnaître que peu ont accepté notre proposition, ou s'ils l'ont fait, ils avaient tellement perdu l'habitude de la confession et de la prière, depuis si longtemps, qu'ils ne savaient plus vraiment comment faire. Nous avons donc prié à leurs intentions.

La reconstruction a-t-elle commencé ? Il semble que votre ville de Nursie ait été moins affectée que l’épicentre d’Amatrice, à quelques kilomètres de là…
Pour le moment aucune reconstruction n'a commencé, dans aucun des deux endroits. Il nous faut donc être patients. Si Nursie a été moins endommagée, c’est qu’en 1979 déjà, un tremblement de terre avait durement touché la ville. De nombreuses maisons avaient ainsi été reconstruites avec des matériaux plus résistants aux séismes.
Cependant, même si la plupart des habitants ne peuvent toujours pas retourner chez eux, il faut bien constater que ce sont surtout les églises qui ont été durement frappées lors de ce tremblement de terre. Chacune des neuf principales églises de la ville a été totalement détruite. C’est pourquoi la reconstruction des églises est prioritaire à mes yeux : ce serait non seulement un rappel de leur importance spirituelle, mais cela donnerait aussi une impulsion concrète et morale pour la reconstruction d'autres structures.

Que répondez-vous à ceux qui demandent où 
Page 1 sur 3 1 2 3 »