80 ans occupent la terre deux fois plus longtemps que ceux qui, jadis, pouvaient espérer vivre 40 ans.
Par ailleurs, en dépit de ce que l’on occulte généralement, on observe actuellement, partout dans le monde, une tendance à la baisse de la fécondité. Déjà en 1997, la Division de la Population de l’ONU a reconnu ce fait. Dans un bon tiers des 200 pays du monde, l’indice de fécondité est inférieur à 2,1 enfants par femme. Pour qu’une population se renouvelle, il faut en effet que chaque femme ait au moins 2,1 enfants. À terme, cette situation met en péril l’avenir de l’humanité.
Que pensez-vous de la notion de développement durable ?
Actuellement, c’est souvent au nom de la « surpopulation » qu’est invoquée la notion de développement durable pour prétendre que la terre est surpeuplée. Pour respecter le milieu ambiant, il faudrait définir certains quotas d’hommes admis à exister. On ne pourrait pas dépasser un certain nombre d’habitants sur la terre, parce que celle-ci ne serait pas capable de supporter une population mondiale arrivant à saturation. Or ce type de vision malthusienne est dépourvu de fondement scientifique. Personne n’est en mesure de fixer des limites à la créativité humaine. Les hommes ont une capacité d’invention indéfinie et indéfinissable, très palpable dans le domaine alimentaire. En matière d’énergie, on dit que le pétrole va s’épuiser ; cela est probable. Mais quand ? Observons que les hommes n’ont pas toujours connu le pétrole ni vécu avec lui, et qu’en second lieu, l’homme a prouvé qu’il était capable de découvrir et d’exploiter de nouvelles sources d’énergie.
En résumé, l’évolution de deux indicateurs démographiques majeurs, la fécondité et l’espérance de vie, confirme qu’il n’y a pas de danger d’« explosion » démographique. Ce qui, en revanche, justifie une vive préoccupation, c’est l’augmentation dans nos sociétés de la proportion des personnes âgées par rapport aux jeunes.
Finalement, le grand problème de l’Occident, n’est-il pas tout simplement le rejet de Dieu ?
L’indifférence face à la vérité est devenue une des caractéristiques des sociétés occidentales. « Toutes les vérités se valent » : c’est le « pluralisme » doctrinal qui va de pair avec l’agnosticisme de principe. Cette indifférence est aujourd’hui la faiblesse majeure de nos sociétés. Pour suppléer à cette faiblesse, on recourt à un expédient : la règle de la majorité. Ce qui ne devrait être qu’une règle de fonctionnement devient la référence ultime pour fonder les normes juridiques. On demande tout à la seule volonté de la majorité. Triomphe posthume de Rousseau et empire de la volonté générale, en un sens. Cette majorité est créditée de la capacité d’assurer aux lois une « sainteté » civile, en vertu de laquelle, pour être bon citoyen, il faut respecter inconditionnellement la loi, sauf à être accusé d’insociabilité et condamné comme tel. Il n’y a plus de place pour une instance supérieure qui puisse être invoquée pour contester la loi, quelle qu’elle soit. Le rapport devient ainsi aléatoire entre la loi positive et la requête de justice.
Ce rejet de Dieu est-il inhérent à la modernité ?
Beaucoup de nos contemporains croient que Dieu est un obstacle à leur bonheur. Dieu serait une entrave à la liberté humaine. Ces hommes refusent l’idée de dépendance ; ils rejettent a priori l’idée de création. Pour eux, être créé, c’est vivre dans la dépendance, et vivre dans la dépendance, c’est être esclave. À l’esclave, donc, de tuer le maître. Dans cette perspective, voir dans la création la première révélation est désormais dépourvu de sens. Voir dans l’être humain l’image de Dieu est tout autant dépourvu de sens. La seule loi qui doive être suivie, c’est celle de la nature entendue au sens purement matériel. Or cette nature-là est violente : elle sélectionne en éliminant les moins