Les fiançailles sont un temps d’apprentissage avant l’engagement à vie qui sera celui du mariage. Comme lui, ils ont une face intime et une face sociale. Cette pratique nécessaire est un bienfait dont il convient de mesurer réellement l’importance.
Avant de parler des fiançailles, puisque nous nous adressons à des baptisés, il semble opportun d’aborder un préalable incontournable : tout jeune doit s’être explicitement posé la question de la vocation. Dieu ne m’appelle-t-il pas dans cet état plus haut de la consécration religieuse ? Est-ce que Dieu m’appelle au service de l’Église dans le sacerdoce ministériel ? Faute d’avoir sérieusement réfléchi – avant tout engagement de fiançailles – à un éventuel appel de Dieu, je risque de me retrouver devant la même alternative dramatique qu’a rencontrée le jeune homme riche de l’Évangile après l’invitation du Christ à Le suivre de plus près ; et je risque de m’en aller tout triste parce que je n’aurai pas eu la générosité d’abandonner de grandes richesses (en l’occurrence des richesses affectives).
Cette question ayant été résolue devant Dieu, et si possible avec l’éclairage d’un conseiller spirituel, il faut bien mesurer l’importance des fiançailles. Elles ne se peuvent bien comprendre que dans la perspective de ce à quoi elles préparent et orientent : le mariage, et, disons-le d'emblée, pas une caricature ou un succédané du mariage tel qu'il est présenté et vécu trop généralement aujourd'hui. Le mariage est cette institution naturelle, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de vie, une communauté de toute la vie, ordonnée à la génération et à l'éducation des enfants ainsi qu'au bien des conjoints. Ajoutons que l’institution du mariage est contemporaine de la Création et que le Christ a élevé cette alliance naturelle, pour les baptisés, à la dignité de sacrement.
Les fiançailles sont ainsi un temps privilégié pendant lequel on se choisit chaque jour davantage pour s'engager, à terme, définitivement l'un envers l'autre. Et comme pour le mariage, les fiançailles comportent à la fois une face intime, et une face publique ou sociale.
La face intime, c'est la mise en place de l'amour du cœur profond, avant même toute relation charnelle. C'est le moment où l'on se pose ensemble les bonnes questions. Quels sont nos points communs ? Quels sont nos points de divergence ? Est-ce que je peux la rendre heureuse, le rendre heureux, est-ce que je le veux ? Est-ce qu'elle (ou il) peut me rendre heureux (heureuse), est-ce qu’elle (ou il) le veut ? C'est le moment également de vérifier que l'autre est prêt à se donner pour le couple, et non pas d'abord à chercher égoïstement son seul bien propre, puisque les époux devront s'appartenir l'un à l'autre, pour le bien commun du foyer. Il semble capital qu’il y ait non seulement une attirance sensible et une convenance affective, mais un profond accord dans trois domaines essentiels : la conception du mariage conforme à la loi naturelle, l’éducation des enfants, et la pratique fidèle et intégrale de la vie chrétienne.
C'est un temps d'apprentissage où l'on apprend à se connaître comme différents, homme et femme, et comme complémentaires l'un de l'autre, la sexualité n'étant pas d'ordre purement biologique mais engageant ce qu'il y a de plus intime dans l'être masculin et féminin, au niveau affectif, intellectuel et spirituel.
C'est le temps de la mise en place de la chasteté vécue à deux : la chasteté parfaite pendant les fiançailles (c'est-à-dire sans relation sexuelle, ni manifestations de tendresse excessivement sensuelles) permettant l'intégralité du don de soi à l'autre dans le mariage. À ce propos, il faut évoquer la plaie du concubinage et avertir les jeunes d’avoir à arrêter cette situation, non seulement pour qu’ils puissent vivre chrétiennement (c'est-à-dire en état de grâce) mais aussi