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Nouvelle diplomatie US ?

François-Georges Dreyfus

Source :La Nef n°205 de juin 2009
L’élection du président Obama devait entraîner une profonde révision de la diplomatie américaine. Est-ce vraiment le cas ?
Le charisme du nouveau président a incontestablement porté des fruits. Le G20 a montré un président sympathique et ouvert, et on a le sentiment, après la conférence des États américains à La Trinidad, que des voies nouvelles ont été ouvertes. Il semble que l’on aille peu à peu vers la levée de l’embargo à l’encontre de Cuba et que les rapports avec le Venezuela de Chavez se soient détendus. Mais cela implique-t-il un réel changement d’attitude face à ce qui se passe au sud du Rio Grande ? Depuis deux siècles, l’Amérique latine est un fief américain : la classe politique, les milieux économiques à Washington et New York se gardent bien de l’oublier. Manière forte ou méthodes plus modérées, Obama, comme Bush et ses prédécesseurs, ne pourra pas tolérer les nationalisations des sociétés d’hydrocarburants ou de compagnies minières ou d’ensembles agricoles. Pensons au poids des intérêts américains dans l’agriculture de l’Amérique Centrale. Enfin, comment Obama réagira-t-il devant les poussées revendicatives des populations amérindiennes dans les États andins ?
Face à l’Europe, il n’est pas certain que la politique américaine ait beaucoup changé : on a applaudi Barack Obama mais l’on n’a pas davantage entendu l’Europe que du temps de G.W. Bush. Au reste, l’Union européenne et l’Otan ont parfaitement accepté que demeure la prééminence américaine à laquelle Obama n’avait naturellement pas l’intention de renoncer. Le président des États-Unis a proclamé son intention de modifier ses relations avec Moscou. Est-ce une volonté réelle ou de simples bonnes paroles ?


C’est évidemment avec l’accord de Washington que l’UE a organisé à Prague une réunion dans le but d’aider des États de l’ex-URSS pour lesquels on n’envisage pas d’adhésion à l’Union. Les six États invités (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) font partie de l’espace russe depuis deux ou trois siècles, et ils sont d’autant plus liés à Moscou que quatre d’entre eux appartiennent à la mouvance orthodoxe. Se méfiant de la Russie considérée comme aussi dangereuse que l’ex-URSS, les États-Unis ont poussé certains de ces pays à adhérer à l’OTAN. L’opposition de Moscou et l’hostilité de Paris et Berlin à cette idée ont conduit les États-Unis à profiter de la présidence tchèque pour organiser ce partenariat qui n’a d’intérêt que si Moscou l’approuve. Chacun sait qu’il n’en est pas question. Pour la Russie, l’initiative tchèque est une provocation, favorisée par Washington ; cela souligne combien, en matière diplomatique, sont importantes les forces profondes.
On attendait le président Obama sur le Moyen-Orient : jusqu’à présent la situation globale n’a pas changé. Les États-Unis ne sont pas véritablement intervenus pour forcer Israël à modérer ses ambitions et à modifier sa politique. Quelle portée aura réellement la déclaration du Vice-président Joe Biden qui, le 5 mai dernier, a invité Israël, devant le lobby pro-israélien des États-Unis, à travailler à une solution à deux États ?


Obama avait annoncé pendant sa campagne un retrait progressif des forces américaines en Irak. En réalité l’hostilité américaine à l’égard de l’Irak, fondée officiellement sur la défense des droits de l’homme et la démocratie était et demeure en réalité la défense des intérêts pétroliers des États-Unis : le conflit irako-américain avait débuté en 1990 et on voit mal le dernier GI quitter l’Irak en 2011.
Pour Obama, le point essentiel dans ce Moyen-Orient élargi, c’est l’Afghanistan. Depuis plusieurs mois, les Talibans ont vu leur implantation s’étendre dangereusement. Cette montée en puissance est liée pour une bonne part à l’opposition faite par l’Occident aux droits afghans de la femme. Ce peuple demeure très attaché à ses traditions. Dans ce cadre, 
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