Depuis novembre 2008, l’Obamania règne sur le monde. Jeune, sympathique, le candidat démocrate avait fait une campagne brillante. Mais on oubliait que sans la crise des subprimes, Mac Cain aurait très vraisemblablement été élu. Durant le premier semestre, le président Obama a fait de beaux discours, sur les inégalités qui incontestablement existent aux États-Unis, sur une nouvelle politique américaine au Moyen-Orient ; il s’adresse honnêtement aux peuples et États africains, soulignant à juste titre les responsabilités immenses des Africains dans leurs malheurs. Tout souriait au nouveau Président. Neuf mois après son arrivée à la Maison Blanche, la situation est bien différente. La mise en place d’un système de santé sociale est fortement contestée, sa politique au Moyen-Orient connaît de grandes difficultés, les relations avec l’Union européenne posent problème et les rapports avec la Russie se sont à peine détendus.
Aux États-Unis, 50 millions d’habitants n’ont pas de protection sociale : on comprend parfaitement la nécessité d’une réforme profonde, mais nous n’en parlerons pas ici, Amaury Ollivier s’en chargeant dans ce numéro (cf. p. 9).
Les grandes promesses d’Obama en ce qui concerne le Moyen-Orient sont oubliées depuis longtemps et quand elles ne le sont pas, elles ont eu des résultats peu convaincants ! En Israël, le gouvernement Netanyahou maintient en fait son programme de colonisation en Cisjordanie et fait construire des centaines de logements nouveaux, politique qu’avait condamné Obama ; mais il semble ne pas pouvoir faire grand-chose étant donné le poids des lobbies sionistes.
Les États-Unis tiennent leur promesse d’évacuer l’Irak : cela permet aux sunnites, aux chiites et aux Kurdes de s’entre-tuer en toute liberté. Certes Obama n’est que l’héritier de l’aberrante politique irakienne menée par Blair et Bush, mais c’est lui qui a accéléré le processus d’évacuation de l’US Army pour renforcer les moyens de l’Otan en Afghanistan.
Or la politique américaine – même si elle est soutenue par l’Otan – est un échec. Elle souligne l’incompréhension du problème afghan par les alliés de l’Otan et les États-Unis. Quoi que puissent penser les politiques, ce qui manque en Afghanistan, ce sont les hommes sur le terrain. En fait, il faut repenser la politique afghane de l’Otan. Cela demande deux choses de la part des États-Unis, savoir ce qu’ils veulent faire au Moyen-Orient, et surtout, repenser leurs positions face à l’Europe. Il est vrai que face aux États-Unis, l’Europe n’existe pas : la Commission n’a pas de politique étrangère et les États-membres ne savent pas ce qu’ils veulent. Ce désaccord est sensible quand il s’agit de l’Iran. Quelle attitude avoir face à un État, à la fois plus démocratique que tous ses voisins musulmans hormis la Turquie et infiniment plus autoritaire ? On n’a pas pris assez conscience du fait qu’une très grande majorité du peuple iranien est favorable à la possession de l’arme nucléaire. Et si à Téhéran, certains veulent la disparition de l’État d’Israël, ce n’est pas le cas de la majorité de la population. C’est cette situation que Washington et Tel-Aviv ne veulent pas voir, ce qui est sans doute la clé de la négociation.
Qui aide l’Iran dans son réarmement ? Avant tout la Chine et la Russie. Si les relations sino-américaines sont relativement apaisées, il n’en est pas de même des relations entre Washington et Moscou. Plutôt que de chercher à se rapprocher de la Russie qui a les moyens de freiner les volontés iraniennes d’expansion nucléaire, les États-Unis, et les États européens membres de l’Otan ne cessent de « tacler » Moscou. Tout incident en Géorgie, en Tchétchénie ou dans le Caucase est immédiatement mis sur le devant de la scène. Outre la Géorgie, l’autre zone où l’Otan agace la Russie est l’ensemble Ukraine-Biélorussie. Ce sont, répétons-le, deux républiques artificielles : la Biélo-Russie, c’est l’ancienne province