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Obama : un président pro choice

Pierre-Olivier Arduin

Source :La Nef n°199 de décembre 2008
L’éloquence de Barack Obama, son charisme, sa figure brillante et sa stature d’homme politique exceptionnel ne peuvent être mises en doute ; mais pour construire une société digne de l’homme, « la vie démocratique a besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques que leur nature et leur rôle de fondement de la vie sociale rendent non négociables » (1), au premier rang desquels se trouvent le droit à la vie, celui d’être conçu et non produit, celui d’être éduqué librement dans une famille fondée sur le mariage indissoluble d’un homme et d’une femme. « Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, poursuit le cardinal Ratzinger, les chrétiens doivent savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral ».
Sur ces points, l’élection de Barack Obama laisse augurer le pire, parce que l’homme est d’abord l’héritier du Parti démocrate dont la ligne idéologique à laquelle il s’est constamment référé est implacable. Le risque est immense de voire réduire en cendres le patient et courageux ouvrage de Georges W. Bush qui n’a manqué aucune occasion pour consolider l’affirmation morale d’une partie croissante de ses concitoyens (2). Après les années noires de la présidence démocrate de Bill Clinton dont on retiendra la guerre de tranchée engagée contre le Vatican pendant les Conférences du Caire et de Pékin visant à faire de l’avortement un droit universel des femmes, l’impact du double mandat de Bush junior en faveur du respect de la vie est sans égal dans l’histoire contemporaine des démocraties occidentales. À l’intérieur des États-Unis et sur la scène mondiale.


En dépit de toutes les pressions médiatiques, scientifiques et politiques, jusque dans son propre camp, l’ancien locataire de la Maison Blanche a bloqué par trois fois – le recours au veto est un fait rarissime dans la vie politique américaine – le vote du Sénat prévoyant le financement fédéral de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Lorsque le pays le « plus intelligent du monde » en matière de recherche biomédicale envoie un tel signal, inutile de dire qu’il n’est pas sans conséquences sur l’ensemble de la communauté scientifique de la planète. Qui a engrangé depuis les succès que l’on sait avec les cellules souches adultes ou de sang de cordon. Pourtant, Obama a prévenu : il cassera cette décision.
Sur le front de l’avortement, l’ancien président a manœuvré avec habileté. Il a d’abord tari tous les financements américains alimentant les programmes onusiens de santé reproductive dans les pays pauvres. Une décision majeure de politique étrangère dont il ne faudrait pas minimiser la portée au regard des vies humaines innocentes sauvées. Là encore, Barack Obama fera volte-face. La nomination de deux juges pro-vie, John Roberts et Samuel Alito, a permis dans la foulée à la Cour suprême des États-Unis d’interdire l’avortement par naissance partielle. Depuis l’arrêt Roe contre Wade de 1973 légalisant l’avortement, c’était la première fois que les magistrats de la plus haute juridiction des USA autorisaient une restriction fédérale à l’avortement. Saluée comme un tournant par de nombreux observateurs et l’une des plus grandes victoires de politique intérieure du président Bush par le Wall Street Journal, l’espoir suscité par cette décision va subir un coup d’arrêt brutal. Obama a promis de remplacer les deux prochains juges – avant 2012 pour limite d’âge – par des hommes du sérail favorables à l’avortement.


Si John McCain avait remporté le scrutin le 4 novembre dernier, c’était ni plus ni moins le droit constitutionnel à l’avortement – et son million de victimes annuelles – qui était en ligne de mire. Ce qu’a parfaitement compris la secrétaire d’État française à la solidarité, Valérie Létard, qui a poussé un ouf de soulagement après la victoire du camp démocrate. Ce n’est pas le Dow Jones ou l’assurance-maladie des classes moyennes qui la préoccupait mais bien 
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