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Personne ne nous fera porter le chapeau

Jacques de Guillebon

Source : La Nef N°297 de novembre 2017
Le mois d’octobre 2017 restera marqué du sinistre signe de l’hystérie délatrice, comme un acmé de la folie qui nous gagne depuis quelques années. Après l’août du déboulonnage, le septembre de l’écriture inclusive, on eut l’octobre du balancetonporc. Signe irréfragable de notre vassalisation culturelle, toutes ces « polémiques », comme disent les imbéciles de la télé, sont aussitôt nées, aussitôt importées des États-Unis. Que ni l’esclavage afro-américain ni l’affaire du producteur Weinstein ne nous concernent n’arrête pas nos hyènes locales qui se précipitent en meute sur la nouvelle occasion de plainte, comme un enfant de primaire sur un handspinner.
L’occasion était trop belle pour les pseudo-féministes de tout sexe, de tout genre et de tout poil : accuser, selon le mode de « l’envie du pénal » décrite par Philippe Muray, tous les hommes d’être des violeurs passés, en acte ou en puissance, pourquoi se retenir ! Quelles fantastiques jouissances ils doivent y trouver, celle de la foule réunie en horde couplée à celle de poser en victime innocente. Quel plaisir insensé que celui de la délation, décidément. Le mâle, ce juif de l’époque, dont, comme Barrès le déduisait pour Dreyfus de sa race, l’on déduit de son sexe la culpabilité, n’a qu’à bien se tenir, l’heure de sa domination touche à sa fin.

QUELLE DOMINATION ?
Mais finalement quelle domination, dans quel domaine, sous quel mode ? Précisément, comme dans toute rivalité mimétique, sur le champ qu’il a lui-même auparavant défini. Les féministes, qui très souvent ne sont pas des femmes, ont dans leur pois chiche céphalique rêvé que c’était forcément là que se trouvait l’homme, que se trouvait le pouvoir qu’il s’agissait de lui voler. Raisonnement de faible et de valet, qui ne voit pas que, s’en emparant, non seulement il pousse les femmes à trahir leur génie propre, mais qu’encore avec ce pouvoir-ci elles gagneraient le mal qui l’accompagne. Car tout pouvoir engendre son maléfice.
L’homme protecteur est naturellement poussé à devenir l’homme prédateur. Et c’est l’intérêt, le génie même de ce que nous ne renonçons pas à appeler civilisation que d’avoir freiné cette ardeur, de l’avoir contenue, de l’avoir enfin, en un mot, éduquée. D’avoir inventé et posé les bornes, les limites sans lesquelles le désir viril joint à la force n’auraient causé que destruction, ravages et viols. Mais cela qu’on appelle civilisation, cette histoire continue, sans cesse recommencée, effort inouï, nos nouveaux barbares n’en ont aucune idée, leur inculture constituant d’ailleurs la seule excuse à leur bêtise. Ils ont la tête molle et la tripe sensible.

LE BUT EST DE CALOMNIER
Ils ne voient pas, les imbéciles, que l’homme blanc, car c’est lui qu’ils visent précisément, est le seul à avoir érigé entre lui et son cheval fou intérieur les barrières nécessaires à une vie policée et que l’abattant, ils libéreront toutes les forces obscures depuis longtemps contenues ici. Ils n’osent pas dire surtout qu’entre les sur-dominants du type Weinstein ou Strauss-Kahn et la racaille de banlieue, il existe l’honnête homme, le modeste, le normal, qui sait se tenir, qui sait avec le père d’Albert Camus « qu’un homme, ça s’empêche ».
Mais évidemment, leur but n’est en aucun cas d’établir la vérité. Leur but est de calomnier et que chaque homme, mais surtout le moins dominant, mais surtout le plus faible et naïf, se sente intrinsèquement coupable, et sali parce que si ce n’est lui c’est donc son frère. Pour filer la métaphore du mouton, il y a dans tout monde, tout milieu la brebis galeuse, sans doute. Mais il y a des milieux qui produisent à la chaîne ces hommes intrusifs, potentiels violeurs que les faux féministes ont cru dénoncer sur twitter. Ils sont ou tout au centre des grandes métropoles ou aux confins, dans leurs banlieues. Et chacun le sait. Mais il est interdit de le dire. Et les mêmes qui se pâment 
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