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Pour une nouvelle politique familiale

claire de Gatellier

Source : La Nef N°291 D'AVRIL 2017
Les tentatives de redressement du pays ont échoué parce qu’elles ont toutes négligé le ressort principal de la cohésion sociale, celle où chacun occupe sa place et toute sa place, c’est-à-dire la famille. Famille et Liberté entend donner dans son Livre Blanc pour une Nouvelle Politique Familiale tout un arsenal de propositions concrètes étayées par une argumentation de fond pour montrer qu’il n’y a pas de justice sociale sans la notion toute familiale de ce qui est dû et demandé à chacun, dans le souci prioritaire du plus petit, mais en fonction de l’intérêt de la famille entière ; pas de prospérité économique durable sans le modèle du père qui entreprend et construit pour sa famille, dans la vision à long terme dessinée par la succession des générations ; pas de rayonnement culturel sans le désir de transmettre ce que l’on a reçu et développé, désir constitutif de la famille ; pas de paix sans la médiation de la mère, porteuse de vie et arbitre entre autorité et tendresse.
L’une des préoccupations majeures des Français est devenue la lutte contre le terrorisme islamiste. Les médias relayent la stupeur éprouvée devant de si nombreux cas de radicalisation de gens apparemment normaux. Les réflexions développées dans notre Livre Blanc laissent à penser que la désagrégation familiale est le meilleur terreau de ce genre de conduite, et plus particulièrement la disparition de l’autorité paternelle et du modèle masculin en général.

REVENIR AU RÉEL
La première chose à faire est de revenir au réel. Convenir que l’homme n’est pas un enfant trouvé, ne dépendant de personne et n’ayant aucuns liens. L’homme naît d’un homme et d’une femme et il a besoin d’une famille, d’abord pour grandir, ensuite tout au long de sa vie.
La famille est donc constitutive de la personne humaine. Il faut symboliquement le réaffirmer en dissociant résolument dans toutes les instances politiques et réglementaires la politique familiale de la politique sociale. Portefeuilles ministériels distincts et Code de la Famille distinct du Code d’action sociale… La politique familiale n’a pas pour but d’aider une catégorie sociale en difficulté, mais de faire vivre la nation en confortant et soutenant le tissu familial.
Revenir au réel, c’est aussi laisser les femmes être des femmes, ne pas leur confisquer leur féminité en prétendant faire leur bonheur malgré elles. Le féminisme tel qu’il est prôné, c’est bon pour les femmes riches, belles et jeunes qui s’en sortiront toujours. Mais les autres ? Rêvent-elles vraiment toutes de se suffire à elles-mêmes ?
Encourager les hommes à reprendre leur place. Pas de pères, pas de civilisation. À trop dévaloriser l’homme, le père, faute d’avoir des hommes à qui s’identifier, les jeunes en quête de virilité restent de perpétuels adolescents ou, pire, deviennent des proies idéales pour les recruteurs du Djihad.
Foin des théories du genre, à l’école et ailleurs. Elles sont tellement contraires au réel qu’on est obligé de multiplier les lois, décrets, circulaires, quotas, tracasseries sans nombre pour faire rentrer dans la tête et la vie des gens qu’une femme et un homme c’est rigoureusement pareil et qu’une femme est beaucoup plus heureuse à conduire une pelleteuse qu’à élever des enfants.
Ne volons pas leur enfance aux enfants. Ce ne sont pas des adultes miniatures et il ne faut surtout pas les laisser, au nom des prétendus « droits sexuels », avilir et blesser gravement par une éducation sexuelle à l’école, aujourd’hui souvent perverse, et par une exposition à la pornographie et à la violence.

Sur un plan technique, une politique familiale doit :
Être subsidiaire en reconnaissant aux parents le droit prioritaire d’élever leurs enfants et en mettant à leur disposition les outils nécessaires.
Être universelle en ne confondant pas politique sociale et politique familiale ; il faut aider toutes les familles en considérant seulement 
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