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Proclamer le kérygme

Mgr Jean-Philippe Nault

Source : La Nef N°295 de septembre 2017
moins de chrétiens : autrement dit, le problème n’est-il pas prioritairement celui de l’évangélisation ?
Bien sûr, le manque de vitalité des vocations reflète celui de l’ensemble de la communauté chrétienne. Il s’agit pour nous de retourner aux fondamentaux de l’évangélisation, telle que nous la voyons dans les Actes des Apôtres : la proclamation du kérygme, le témoignage d’une vraie joie chrétienne qui attire (soulignait Benoît XVI), et le désir d’une vraie conversion à commencer par soi-même. Dans le diocèse de Digne, on met en avant les « cinq essentiels » (vie de prière, vie fraternelle, formation, souci des plus pauvres et évangélisation) que nous cherchons à pratiquer à tous les niveaux. Un lieu source, en cours de réalisation, servira à porter cette dynamique de l’évangélisation (1).

Les entrées nombreuses, hors des filières diocésaines, dans des communautés comme Saint-Martin, les charismatiques ou les traditionalistes, ne sont-elles pas le signe d’une évolution : comment l'appréciez-vous ?
Une des clés, me semble-t-il, est le désir des jeunes de porter à plusieurs le souci de la mission, et ce dans la période à la fois passionnante mais difficile que traverse notre Église : vivre ensemble la mission, se garder par la vie commune, et témoigner joyeusement, telles sont les grâces (ou aides) recherchées. Ce désir se manifeste de plusieurs façons (communautés, fraternités sacerdotales…) mais dans un cadre où la prière et la liturgie, la vie fraternelle et le souci missionnaire ont une place importante. J’en suis moi-même le fruit puisque j’ai désiré être prêtre diocésain dans la Société Jean-Marie Vianney (SJMV). La diversité légitime et le souci d’une annonce fraternelle de la mission, sont donc une vraie chance pour l’Église de France. À nous d’accueillir ce désir, de l’accompagner et de discerner ensemble la Volonté du Seigneur

Comment l’évêque que vous êtes aborde-t-il la question de
l’évangélisation dans le contexte d’une société aussi sécularisée ?

La question de l’évangélisation est centrale aujourd’hui ! Le paradigme a changé : on était dans une société très majoritairement chrétienne où se transmettait naturellement ce que l’on avait reçu, tant sur le plan de la foi que sur celui de la vie chrétienne au sens large. À présent notre société n’est plus chrétienne (malgré de nombreuses « traces »…), et il faut donc ré-évangéliser ! Il ne s’agit pas de se lamenter, mais d’annoncer le Christ, « Chemin, Vérité et Vie ». C’est à la fois stimulant et urgent ! La question du salut revient avec force nous obliger à l’annonce, en retrouvant la situation des débuts de l’ère chrétienne, et en reprenant les fondamentaux de l’évangélisation. Celle-ci n’est pas la divulgation d’une idéologie ou d’un courant d’idées ; elle vise à permettre à chacun de rencontrer le Christ en vérité, personnellement déjà. Il s’agit donc d’une grâce reçue du Seigneur, dont l’Église a pour mission de témoigner et qu’elle doit annoncer ; son unique mission, conduire vers Dieu !

Vous avez été longtemps recteur du sanctuaire d’Ars : que représente pour vous la figure de saint Jean-Marie Vianney ?
C’est une figure merveilleuse, souvent mal comprise. Mais, malgré son ancrage bien réel dans les suites de la Révolution française, il est étonnamment actuel, et c’est bien ce qu’a signifié Benoît XVI en le donnant comme guide lors de l’Année Sacerdotale en 2010. C’est la figure d’un pauvre, d’un petit qui veut ne s’appuyer que sur Dieu. C’est aussi la merveilleuse figure d’un prêtre donné par l’Église comme patron et modèle des curés. Un admirable pasteur soucieux du salut de ceux qui lui sont confiés, et mettant tout en œuvre pour aider chacun à rencontrer Dieu et à vivre de Lui. Son témoignage et la radicalité de sa vie sont un repère pour aujourd’hui et une 
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