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Relance du débat sur les limbes

Source :La Nef n°184 de Juillet-Août 2007
À la demande de Benoît XVI, la Commission théologique internationale (CTI) a publié le 20 avril un document intitulé L’espérance de Salut pour les enfants qui meurent sans baptême. Sans écarter totalement le concept de limbes où iraient les petits enfants morts sans avoir été baptisés, il affirme qu’il est le reflet d’une « vision restrictive excessive du Salut ». Explication à partir d’une traduction en français non officielle réalisée par
nos soins (le texte de la CTI n’est actuellement disponible qu’en anglais).


Le 20 avril 2007, la Commission théologique internationale (CTI) a publié un document intitulé L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême. Statutairement, la CTI a pour tâche « d’étudier les questions doctrinales importantes, surtout celles qui revêtent un aspect nouveau, et d’apporter une assistance au Magistère de l’Église, tout particulièrement à la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, auprès de laquelle elle a été fondée ». Le service rendu par la CTI à la Congrégation pour la Doctrine de la foi illustre l’importance de la recherche théologique pour le Magistère et le caractère fructueux de la collaboration entre les théologiens et les organes magistériels. Au stade de la publication d’un document par la CTI, l’autorité de l’Église, il est bon de le rappeler, n’est absolument pas engagée. Les textes de la CTI peuvent faire l’objet d’appréciations diverses de la part du public et ne pas être assumés par le Magistère.
Le document sur le sort de ces enfants morts aborde une question disputée, c’est-à-dire qui fait l’objet d’un débat ouvert, le Magistère n’y ayant pas pris une position déterminée. Ces questions disputées sont très stimulantes pour la théologie, moins du reste pour le problème qui est discuté ou disputé que pour la mise en œuvre d’un certain nombre de principes. La grande scolastique raffolait de ces questions disputées, qui permettent aussi de distinguer soigneusement, d’un point de vue épistémologique, le niveau d’autorité corrélatif au niveau d’engagement magistériel entre des propositions. En fin de compte, la question disputée permet de joindre la vérité concernant les choses nécessaires à la liberté à l’égard des matières contingentes. On ne peut qu’être surpris, à ce propos, de la réaction suscitée par ce document en certains milieux, familiers pourtant de saint Thomas, qui sollicitent une intervention magistérielle pour clore la discussion. Le jour où il n’y aura plus de question disputée et où le magistère ne procédera plus que par mode définitoire, la théologie – ainsi que la liberté afférente – cessera ! Bien qu’il s’agisse d’une question disputée, l’enjeu pastoral est crucial : l’angoisse de parents, déjà frappés par le deuil, quant au salut (hypothétique) de leurs enfants. La réflexion au sujet du sort de ces enfants, loin d’être un jeu futile de théologiens en chambre, est motivée par la compassion à l’égard de ces parents et de ces enfants.
Le magistère a déjà réglé, si l’on peut dire, le cas des adultes morts sans baptême en distinguant le baptême sacramentel (par l’eau) du baptême des martyrs (par le sang) et du baptême de désir explicite des catéchumènes, martyrs et catéchumènes morts avant leur immersion baptismale. L’Église admet aussi une ordination salutaire à l’Église, par un vœu implicite et inconscient, des adultes qui, ignorant pour des raisons soit objectives (ils n’en ont jamais entendu parler) soit subjectives (cela ne s’impose pas à eux) – donc de façon non coupable – que le Christ est l’unique médiateur dans l’ordre du salut, suivent cependant la loi morale naturelle inscrite en leur cœur pour autant que leur conscience la leur fait percevoir : ceux-là peuvent être touchés par la grâce du Christ. Reste la situation de ces enfants, qui participent au péché d’Adam mais qui n’ont pas commis de péché personnel ni pu émettre l’acte de désir implicite que l’on vient d’évoquer.

L’état de la 
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