Recherche
Lettre électronique
Pour recevoir régulièrement des nouvelles de La Nef, entrez votre courriel et validez
Mon compte
  • Accueil
  • Archives de la Nef
  • Église
  • Rome, Magistère

Répondre à l’appel du pape

Caritas in veritate

Source :La Nef n°207 de septembre 2009
Mgr Alain Castet, évêque de Luçon, nous livre ici des pistes de réflexion pour aider les chrétiens à pénétrer dans l’encyclique pour mieux aider leurs contemporains.

Il faut le souligner avec force : le pape Benoît XVI nous a fait un admirable cadeau. Un très grand texte, qui devra être médité et approfondi et dont on découvrira chaque jour les enjeux pastoraux concrets. Il est impossible de résumer un document d’une telle profondeur et il faut se contenter de prendre, à titre d’illustration, cinq principes essentiels et cinq domaines concrets susceptibles d’applications.

Cinq grands principes

1.Caritas in veritate se situe dans la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église qui remonte à Léon XIII et Rerum novarum en 1891. Bien entendu, la source profonde en est la parole de Dieu et la tradition de l’Église, mais au sens strict, on songe aux grands textes sociaux de ses prédécesseurs. Tous sont cités, même si, s’agissant d’une encyclique portant sur le développement (le terme est dans le sous-titre) la référence à Paul VI (Populorum progressio, 1967) est la plus fréquente car c’est alors que l’on prend vraiment conscience que la question sociale est devenue mondiale. Bien entendu, les grands textes de Jean-Paul II, comme Centesimus annus (1991) sont aussi largement cités. Cela permet à Benoît XVI d’écarter, ici comme ailleurs, toute rupture : « Il n’y a pas deux typologies différentes de doctrine sociale, l’une préconciliaire et l’autre postconciliaire, mais un unique enseignement cohérent… » (n. 12).

2.Si le pape réaffirme les principes qui, comme l’avait dit Jean-Paul II « appartiennent au patrimoine doctrinal de l’Église », comme la dignité incomparable de l’homme, créé à l’image de Dieu, il reprend aussi l’idée de Rerum novarum : des choses nouvelles sont apparues, auxquelles il faut appliquer ces principes éternels : ici, c’est la mondialisation, l’écologie, la crise, le développement, etc.

3.L’encyclique est adressée aux chrétiens, mais aussi « à tous les hommes de bonne volonté » : pour cela, dans la tradition issue de saint Thomas d’Aquin, Benoît XVI, s’agissant de questions sociales, fait appel à la foi, mais aussi à la raison. Or tous les hommes ont accès à la loi naturelle, au droit naturel, en un mot à la raison pour construire une société plus humaine. La foi chrétienne y ajoute le couronnement de la Révélation.

4.La question éthique est au cœur de l’économie. Il y une prise de conscience de la moralisation nécessaire du capitalisme et aussi de la « responsabilité sociale de l’entreprise ». Mais le pape souligne « un certain abus de l’adjectif éthique » (n. 45), qui recouvre souvent de simples opérations de marketing, voire des éléments qui contredisent une éthique authentique, en mettant en cause « la dignité inviolable de la personne » et « la valeur transcendante des normes morales naturelles » (n. 45)

5.Enfin, « la question sociale est devenue radicalement anthropologique » (n. 75) : on ne peut parler de doctrine sociale sans réfléchir à la nature de l’homme, en commençant par le nécessaire respect de la vie : cela fait partie intégrante de l’enseignement social de l’Église.
Voilà, parmi d’autres, quelques questions à approfondir en groupe ou en paroisse : le pape nous offre de quoi nourrir notre réflexion.

Cinq exemples d’application

1.Il y a longtemps que l’Église s’intéresse à l’entreprise et au sort des travailleurs. Mais Benoît XVI aborde un thème lié, celui de l’entrepreneur : qu’est-ce qu’un entrepreneur dans les très grandes entreprises au capital dispersé ? Voit-il toujours le long terme ? La crise pose au minimum la question (n. 40). Et surtout, il n’y a pas que « l’entrepreneur privé de type capitaliste ». L’entreprenariat « est inscrit dans tout travail » ; « 
Page 1 sur 2 1 2 »