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Reprendre les négociations

Grand entretien

Source :La Nef N°220 de novembre 2010
Hind Khoury a été déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France (2006-2010). Nous l’avons rencontrée à Paris avant son départ en juin dernier.

La Nef – La Communauté internationale a reproché à Israël sa violente attaque contre Gaza en 2009 : mais que peut faire Israël pour lutter contre le terrorisme du Hamas ?

Hind Khoury – Tout d’abord il est nécessaire de s’entendre sur une définition du terme « terrorisme ». On parle de terrorisme lorsque la population civile est visée. La politique israélienne en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, doit être qualifiée de « terroriste » car elle vise directement la population palestinienne et viole le droit international comme l’a montré le rapport Goldstone. Nous demandons à Israël de respecter les résolutions de l’ONU, la 4ème Convention de Genève, les droits de l’homme, ainsi que les accords qu’il a signés. Israël doit reconnaître les droits des prisonniers politiques, lever le siège de Gaza, faire cesser les expulsions, détruire le mur et revenir aux frontières de 1967. Voilà les conditions pour bâtir une paix durable entre Israéliens et Palestiniens et pour lutter contre tout autre terrorisme.

Certains ont reproché aux Palestiniens l’emploi du terrorisme : quelle est votre position par rapport à tout acte terroriste ?
La lutte légitime du peuple palestinien remonte à 1948, date de l’expulsion de 800 000 Palestiniens de chez eux. Cette expulsion, que nous appelons la Nakba, et que nous célébrons chaque année depuis 62 ans le 15 mai, se manifeste malheureusement encore de nos jours par des mesures illégales contre la population civile et par une absence de reconnaissance des droits des Palestiniens.
Sans doute les attentats sont-ils illégaux mais la politique israélienne d’agression contre le peuple palestinien est tout aussi illégale : Israël a choisi la politique de la force au mépris de l’État de droit qu’il prétend être face à la Communauté internationale.

Le Hamas gagne en influence chez les Palestiniens, et la corruption qui a discrédité les responsables du Fatah a atteint le prestige de l’Autorité palestinienne : celle-ci représente-t-elle l’avenir de la Palestine ?
Le terrain qu’a gagné le Hamas s’explique par 12 années d’échec du processus de paix. Durant ces années, les Palestiniens n’ont cessé d’être meurtris et criminalisés. Au début, certains membres de l’Autorité palestinienne ont été corrompus et ont jeté un discrédit sur la politique, mais les grandes réformes dans la finance et la sécurité entreprises depuis 2002 ont changé la donne : elles ont été saluées par toutes les instances internationales. Je le dis sans détour, ce qui a vraiment atteint le prestige de l’Autorité palestinienne, c’est la politique d’Israël visant à discréditer le partenaire de paix palestinien.

Une véritable paix entre Israéliens et Palestiniens, ne passe-t-elle pas nécessairement, à un moment ou à un autre, par un processus de pardon réciproque ?
Le pardon est une notion religieuse alors que la paix est avant tout politique : elle est rationnelle et constructible pour qui la veut vraiment. Les Palestiniens se sont résignés au douloureux compromis historique de 1988 en acceptant d’établir un État dans les territoires occupés en 1967, c’est-à-dire qu’aujourd’hui notre patrie représente seulement 22 % de la Palestine historique. Cet exemple peut servir aux hommes et femmes de bonne volonté pour un retour à la raison et au respect de la vie de tous.

Les chrétiens des territoires palestiniens se plaignent de plus en plus de subir des humiliations de la part de leurs compatriotes musulmans ; beaucoup émigrent à cause de cela : voyez-vous le moyen de freiner cette évolution ?
L’OLP a été fondée par des chrétiens, 
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