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Sida : le pape au cœur de la tempête

Dossier : Pour Benoît XVI

Pierre-Olivier Arduin


Source : La Nef n°203 d'avril 2009
Depuis la levée des excommunications se sont succédé les affaires de Recife et du préservatif qui ont déchaîné une incroyable campagne de bêtise et de haine contre le pape et l’Église. Face à un tel flot de mensonges, il nous est apparu nécessaire de revenir à la réalité, pour la défense et l’honneur du pape et de l’Église.

Interrogé dans l’avion qui le conduisait en Afrique sur les moyens de lutter efficacement contre l’épidémie du sida, le pape a suscité une polémique mondiale qui s’est transformée en lynchage médiatique, à grands renforts de déclarations politiques.

La position de l’Église catholique pour enrayer la propagation du sida est « souvent considérée comme irréaliste et inefficace », a entamé le journaliste au cours de la fameuse conférence de presse qui s’est tenue dans l’avion s’envolant vers le Cameroun. Allusion à peine voilée aux multiples interventions de Jean-Paul II sur le sujet, qui lui avaient valu lui aussi, on l’oublie un peu vite, de s’attirer les foudres de la communauté internationale. « Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Église catholique », a répondu Benoît XVI. Sur le plan sanitaire, les chiffres en effet parlent d’eux-mêmes : si les États gèrent 44 % des institutions dédiées au soin des malades séropositifs, 27 % sont dirigées entièrement par l’Église catholique, loin devant l’ensemble des ONG (18 %). Immense hommage du pape rendu à la face du monde en faveur de la sollicitude exercée quotidiennement par les communautés catholiques auprès des malades. Ne cherchant pas à éluder la question qui lui était posée, Benoît XVI a ensuite tracé avec force détails les grandes lignes d’une authentique politique de santé publique pour vaincre la pandémie. Concernant sa dimension prophylactique, le pape a été très précis : « On ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème ». Déclaration aussitôt condamnée par le ministère français des affaires étrangères, vilipendée par un nombre impressionnant de personnalités politiques tous partis confondus, chez nous ou en Europe, jusqu’au directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida dépendant de l’ONU l’exhortant à se désavouer. Le branle-bas de combat général pour mettre à terre Benoît XVI est inouï dans la violence de son explosion.

Afin d’atténuer le tollé déclenché sur la scène internationale, des catholiques ont tenté de fournir une clé de lecture de l’affaire en dénonçant une déformation des propos du pape. Il n’en est rien. Les médias ont certes isolé la phrase de Benoît XVI de son contexte, mais celle-ci, exacte et bien pesée (la réponse avait été préparée), signifiait clairement ce qu’elle voulait dire : les campagnes de distribution de préservatifs ne sont pas une solution, pire elles peuvent aggraver la situation. Ce qu’ignorent en revanche tous ceux qui ont voulu disqualifier Benoît XVI, c’est qu’il est à l’heure actuelle un des meilleurs spécialistes de la question. Le pape a parfaitement pesé ses mots, portant le fer à l’encontre de l’idéologie doctrinale dominante véhiculée sur le « safe sex » ou « sexe sans risques ». Les gardiens du dogme se sont levés comme un seul homme, le pape devenait passible des tribunaux d’une inquisition d’autant plus féroce que le mot tabou – préservatif – avait été profané.
Or, Benoît XVI suit attentivement ce dossier depuis l’apparition de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) dans les années 80. Au début de son pontificat, il a eu en main un rapport extrêmement documenté sur l’usage du préservatif et la problématique du sida émanant du Conseil pontifical pour la Santé, remis depuis à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui réfléchit à l’opportunité de la rédaction d’une Instruction sur le sujet. Le Vatican observe depuis longtemps la parution d’études qui 
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