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Sida : le pape au cœur de la tempête

Dossier : Pour Benoît XVI

Pierre-Olivier Arduin


Source : La Nef n°203 d'avril 2009
écornent sévèrement la supposée efficacité du préservatif dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles.

Mgr Jacques Suaudeau, médecin, Officiel de l’Académie pontificale pour la Vie et directeur de sa section scientifique, a publié à ce titre un article exceptionnel répertoriant plus de 60 études issues de la littérature mondiale spécialisée (1). Trois faisceaux de faits viennent ébranler les certitudes en la fiabilité que ce moyen de « sécurité sexuelle » est censé offrir à son usager. D’abord, des expériences remettent gravement en cause l’imperméabilité du préservatif : passage à travers la membrane de microsphères en polystyrène de la taille du VIH, détérioration du latex sous l’effet de facteurs environnementaux, risque de rupture non négligeables. D’autre part, les taux d’échec officiels du condom comme contraceptif constitue une preuve à charge indirecte éloquente : l’indice de Pearl (nombre de gestations chez 100 femmes utilisant le préservatif pendant un an) est très médiocre, autour des 15 %. À tel point que le Planning familial lui-même réclame un accès universel à la pilule et au stérilet, notamment pour les jeunes filles dont le nombre de grossesses sous préservatif est dramatiquement élevé. Comment acquiescer à la vulgate dominante quand on sait que le virus est 450 fois plus petit qu’un spermatozoïde ? Enfin, concernant l’aspect prophylactique du préservatif censé parer la contamination sexuelle par le VIH, les méta-analyses sont toutes concordantes avec un taux d’échec moyen oscillant entre 10 à 15 %, ce qui semble logique au vu des contre-performances enregistrées en contraception.

Pour Mgr Suaudeau, le jugement est sans appel : « Il n’y a pas de safe sex. Il n’y a qu’une courbe de probabilité laissant pendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous ceux qui se confient à la fausse sécurité du préservatif » (p. 926). Certaines enquêtes vont même jusqu’à montrer que le taux d’infection augmente proportionnellement avec son utilisation. Comment est-ce possible ? Tout se passe en fait comme si l’usage du préservatif favorisait l’augmentation de conduites à risque (adultères, vagabondage sexuel…), lesquelles démultiplient les possibilités de défaillances de son utilisation, d’où un taux de contamination qui s’élève paradoxalement chez ces personnes.

Ces conclusions attestent indirectement du bien fondé de la perspective morale mise à l’honneur par l’Église pour juguler l’épidémie. La science entérine les réflexions éthiques d’une Eglise experte en humanité. Un point sur lequel avait insisté Benoît XVI dans un discours de juin 2005 à un groupe d’Évêques africains en visite ad limina : « L’enseignement traditionnel de l’Église a démontré être la seule façon intrinsèquement sûre pour prévenir la diffusion du sida » (2). S’abstenir de relations sexuelles avant le mariage, demeurer fidèle à un conjoint qui l’est lui-même, non seulement honorent la signification et la dignité de l’amour humain mais se révèlent être l’unique solution épidémiologique durable. Et Benoît XVI sait pertinemment que l’authenticité de l’anthropologie déployée par le magistère, profondément en harmonie avec l’âme et les valeurs des Africains, loin d’être purement théorique, a été traduite dans les faits de manière éminemment concrète avec l’exemple éclatant de l’Ouganda. Détenant le triste record du taux d’infection le plus élevé au monde au début des années 90 – 13 % de prévalence du VIH – une politique d’envergure engagée avec le soutien de l’Église, prônant l’abstinence et la fidélité, a ramené le taux d’infection à 5,4 % en 2007. Dédaignée par les agences onusiennes, la stratégie développée par les autorités de ce pays constitue pour les Occidentaux une véritable leçon. La réussite est telle qu’elle a fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue américaine Science en 2004 (3). Benoît XVI qui a suivi de près l’évolution de la 
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