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Un devoir de vérité

Editorial

Source :La Nef n°208 d'octobre 2009
Le Pèlerin publiait le 17 septembre un sondage sur le divorce qui a été largement repris par les médias, chacun répétant que « les catholiques divorcent autant que la moyenne des Français » (Le Parisien). En effet, selon les résultats obtenus, 17 % des personnes interrogées ont divorcé et ce chiffre est le même pour l’ensemble des catholiques. Cependant, en y regardant de plus près, il descend à 13 % chez les « catholiques pratiquants » (c’est-à-dire, selon le jargon des instituts de sondage, ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois). Nul doute que si le sondage s’était concentré sur les pratiquants qui vont à la messe tous les dimanches – l’assistance à celle-ci est d’obligation dans l’Église ! –, les sondeurs auraient peut-être eu quelques surprises. Mais n’importe. Visiblement, le dessein du Pèlerin allait au-delà de ce simple constat : le but était principalement de montrer qu’une grande majorité de « catholiques » demandait l’assouplissement des règles de l’Église pour les divorcés remariés (ne sont-ce pas ces mêmes « catholiques » dont les sondages montrent qu’ils n’adhèrent plus aux principaux dogmes de l’Église ?).

Les Français, et même beaucoup de catholiques eux-mêmes, ignorent à peu près tout de l’enseignement de l’Église, c’est pourquoi il est peut-être utile de rappeler que, sur cette question du divorce et du remariage, sa position ne relève pas d’une décision conjoncturelle qu’il est loisible à ses responsables de changer au gré de l’évolution des mœurs, mais provient de la Révélation divine transmise par les Évangiles : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. […] Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre, commet l’adultère à son égard » (Mc 10, 9 et 11). Elle ne peut donc se comprendre que sous le regard de la foi. Même le pape ou un concile œcuménique n’aurait pas le pouvoir de changer une telle loi divine, c’est pourquoi il est quand même affligeant que ce soit un périodique qui se dit « catholique » qui relance ainsi un faux débat – clos depuis le Christ –, en sachant pertinemment que cela ne pourra que semer trouble et désillusion auprès de ceux qui, sincèrement mais trompés par de faux messies, croient qu’une évolution est possible. Cette tentation de tous les temps d’épouser les désirs du monde, comme si ses exigences devaient s’imposer inéluctablement, n’épargne pas les chrétiens. Mais le rôle de l’Église et de ses pasteurs – et aussi de ceux qui, comme la presse catholique, ont une responsabilité dans la diffusion des idées – est de toujours tenir le cap de l’Évangile, à temps et à contre temps, d’éclairer les fidèles et les hommes de bonne volonté des contraintes qu’un tel message exige, sans rien céder à une démagogie ambiante qui se moque totalement du bien des âmes dont l’Église a la charge.
C’est vrai, sur la question qui nous occupe, l’Évangile est exigeant. Encore faut-il rappeler que l’Église permet la séparation de corps quand « la cohabitation matrimoniale devient pratiquement impossible » (1), mais les époux demeurent mariés et ne peuvent donc contracter une nouvelle union. Le problème n’est donc pas tant la séparation que le remariage. Les divorcés remariés, s’ils n’ont pas accès à la communion eucharistique et à la confession (sauf s’ils s’engagent à vivre ensemble comme frère et sœur), ne sont nullement excommuniés comme on le croit parfois, ils demeurent dans l’Église et sont tenus aux autres obligations des baptisés. Il est scandaleux de les rejeter : « les prêtres et toute la communauté doivent faire preuve d’une sollicitude attentive » à leur égard, indique le Catéchisme (CEC n. 1650). On oublie d’ailleurs que des couples catholiques vivent cette épreuve dans la foi, prouvant par là même qu’une alternative est possible à ceux qui prennent au sérieux les exigences de la foi (2). Mais de ceux-là, qui ne revendiquent rien, on parle peu.

Invitant l’Église à assouplir sa règle pour la communion, « “rite 
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