Deux symptômes graves révèlent la maladie de notre monde : l’écart croissant entre riches et pauvres et la banalisation de la « barbarie », notamment dans le comportement des « bandes ». Deux événements d’importance inégale nous y renvoient.
Le premier est le G20 réuni à Londres début avril. L’élargissement du nombre de pays (de 7 à 20) qui permet aux pays émergents d’être représentés est un progrès. Pour le reste, il y a loin entre le « succès » dont se sont targués les dirigeants occidentaux et la réalité. D’abord, ce qui a été annoncé est dans l’ensemble bien faible au regard des enjeux, mais surtout ne remet nullement en cause le fonctionnement débridé du libéralisme mondial : on se gausse du triplement des moyens du FMI (passant de 250 à 750 milliards de dollars) en faveur des plus pauvres, mais le FMI a été dans le passé l’un des principaux moteurs des politiques libérales de déréglementation qui ont finalement contribué à déstructurer et affaiblir les pays les plus fragiles. Est-ce vraiment la logique libérale adossée au libre-échange qui pourra aider les régions les plus pauvres à émerger ? N’est-ce pas plutôt le système économique mondial tel qu’il fonctionne avec son système monétaire foncièrement déséquilibré au profit du dollar qui serait à remettre en cause, en prenant mieux en compte trois des principes de base de la doctrine sociale catholique : les principes de subsidiarité et de solidarité, ainsi que la destination universelle des biens ?
Certes, personne n’attendait un tel bouleversement d’une réunion comme le G20, mais ne faudrait-il pas commencer à intégrer dans nos esprits la nécessité d’un changement radical face à ces problèmes mondiaux ? Car l’écart entre pays riches et pauvres, outre qu’il est profondément immoral, est foncièrement malsain pour l’équilibre de la planète et génère nombre d’autres problèmes insolubles tant que cet écart ne diminuera pas – notamment celui de l’immigration.
L’écart se creuse également entre riches et pauvres au sein même de nos sociétés occidentales, la paupérisation des classes moyennes ayant été l’un des facteurs importants de la dernière crise financière, ne l’oublions pas. Dans ce contexte, les salaires et avantages faramineux des dirigeants d’entreprises multinationales ou des stars du show-biz (acteurs, sportifs, présentateurs TV…) ne peuvent que profondément choquer une population contrainte aux économies. Là aussi, un changement radical de mentalité est nécessaire : l’augmentation sans fin de la consommation est-il le but ultime de la vie ici-bas ? La seule recherche des richesses et du plaisir suffit-elle à donner un sens à la vie ?
Le second événement est le passage à tabac d’un jeune Français dans un bus. Il est significatif, en passant, que le scandale, depuis, ne soit pas cette violence en elle-même, mais le fait de l’avoir montrée sur internet – politiquement correct oblige, la bande était d’origine étrangère et elle a eu le mauvais goût d’éructer des propos anti-français ! Et, horreur ! cela ne peut que profiter à l’« extrême droite », voilà tout ce qui intéresse nos médias ! De tels drames ravivent la question de l’immigration incontrôlée de populations qui ne cherchent en rien à s’intégrer. Il serait temps de délaisser la langue de bois et de cesser d’agiter l’épouvantail du « racisme », toujours à sens unique, pour empêcher tout vrai débat, car une lutte plus énergique contre l’immigration sauvage n’aurait rien d’illégitime. Mais une politique plus ferme, si nécessaire soit-elle à court ou moyen terme, sera toujours insuffisante si le problème n’est pas pris plus en amont : par une coopération internationale qui réduit les écarts entre pays riches et pauvres, et par une politique démographique qui cesse de faire de nos pays européens un vide dans lequel s’engouffre naturellement le trop-plein de nos voisins pauvres.
Mais ce drame met surtout en