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Une église pour Libreville

Mgr Rudolf-Michael Schmitz

Source : La Nef n°257 Mars 2014
Mgr Rudolf Michael Schmitz est vicaire général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre : il évoque pour nous sa mission au Gabon et les besoins pour la construction d’une nouvelle église à Libreville.

La Nef – Pourriez-vous d’abord nous rappeler l’origine de votre présence au Gabon ?

Mgr Rudolf M. Schmitz – L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre est né au Gabon grâce à l’élan missionnaire de notre fondateur, Mgr Gilles Wach, et du co-fondateur, le chanoine Philippe Mora, qui, en 1990, ont accepté de fonder l’Institut dans le diocèse de Mouila, à l’invitation de feu son évêque, Mgr Obamba. Mgr Obamba souhaitait un plus grand nombre de prêtres pour son diocèse et nos fondateurs lui ont promis l’aide sacerdotale de l’Institut pour l’avenir, promesse qui est toujours tenue. Nous avons actuellement plusieurs missions au Gabon dont une se trouve au Val-Marie, à Mouila. Résidence du premier évêque de Mouila, Mgr de La Moureyre, elle est aujourd’hui une mission active avec plusieurs ateliers d’artisanat et une chapelle très fréquentée. Mgr Madega, l’actuel évêque de Mouila, soutient paternellement notre mission, à l’image de ses prédécesseurs.

En quoi est-il important qu’un institut comme le vôtre, dont les vocations viennent du monde entier, ait une présence missionnaire en Afrique ?

De nos jours, l’esprit missionnaire ne doit pas manquer aux jeunes qui se décident pour le sacerdoce ! À l’école du grand docteur de l’apostolat qu’est saint François de Sales, nous cherchons à enseigner le zèle apostolique à nos séminaristes, et la possibilité de travailler en Afrique nous y aide. L’Institut est encore en fondation : nous avons toujours de nouvelles invitations à fonder des maisons, des écoles, des apostolats en Europe et sur les autres continents. Il nous faut rester ouverts à l’appel de Dieu, à des situations inattendues, et porter l’aide aux pauvres de corps et d’esprit partout où ils ont besoin de nous. Nous y envoyons ceux qui désirent y aller et nous ne manquons jamais de candidats zélés qui veulent connaître cette vie missionnaire.

Vous vous êtes lancés dans d’importants travaux pour une église à Libreville : de quoi s’agit-il exactement ?

Depuis notre installation à Libreville à l’invitation de l’archevêque, Mgr Mve, notre paroisse Notre-Dame de Lourdes s’agrandit visiblement jour après jour. En huit ans, nous sommes passés de 60 à plus de 1000 fidèles, avec un nombre étonnant de jeunes et d’enfants. Mes confrères curés et vicaires de cette paroisse au milieu des bidonvilles ont toujours été proches des gens du quartier. Ils visitent les malades, leur portent la communion. Ils ont aussi su travailler avec l’élite du pays pour pouvoir mieux aider les nécessiteux : cela se traduit régulièrement par des dons de vêtements, de nourriture, de médicaments. Nous avons dû à trois reprises changer de chapelle à cause de l’étroitesse des lieux, jusqu’à ce que Mgr Mve nous encourage à construire une église et à voir les choses en grand ! La construction en béton est bientôt finie. Nous n’avons pas voulu construire un « pieux hangar » sans goût ni beauté, mais une véritable église digne de la liturgie solennelle que nous célébrons, très appréciée par le peuple gabonais.
Avec l’aide des autorités gabonaises, qui désirent une présence catholique visible, l’idée de notre intendant d’art sacré, l’abbé Willweber, se réalise aux yeux de tous : une église dans un style romain, sobre et classique, adaptée aux circonstances du climat, avec une façade couverte de carreaux de faïence peints, les azulejos portugais. L’abbé, qui était un designer professionnel et qui est depuis plus de 15 ans l’un de nos oblats (frères), a déjà une grande expérience. Il a été décoré par Benoît XVI pour son œuvre artistique aux États-Unis. Depuis le début des travaux, l’enthousiasme des fidèles pour leur église a 
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