Face à la crise démographique et morale, la Hongrie, la Russie et la Pologne engagent des politiques promouvant la vie et la famille. Panorama de l’ultime réponse à la crise…
La crise économique n’est pas seulement le produit d’un monde économique virtuel et financiarisé, elle a aussi et d’abord ses causes dans le monde réel, notamment dans la crise démographique occidentale.
La crise démographique que nous traversons résulte quant à elle d’une crise culturelle sans précédent, causée notamment par le triomphe du matérialisme, de l’individualisme et de leurs corollaires : le contrôle des naissances et la désintégration de l’unité familiale. Il est évident que les crises culturelle, démographique et économique auxquelles l’Occident est confronté sont liées.
En avril 2011, le gouvernement russe a rendu public une étude confirmant l’ampleur de la crise démographique : par l’effet conjugué d’une faible natalité (1,4 enfant par femme), d’une forte mortalité et d’un nombre d’avortements considérable, la population russe a diminué de 2,2 millions de personnes depuis 2002 (soit 1,6 %, pour atteindre 142,9 millions). En 2002, le nombre d’avortements a été ramené à deux millions, contre plus de quatre millions par an les années précédant la chute du communisme. En 2004, d’après les Nations-Unies, la Russie souffrait du plus fort taux d’avortement au monde, 44,7 % des grossesses se terminant par un avortement. À ce jour, il est estimé à plus d’un million par an.
La situation en Hongrie, Roumanie, Estonie et Bulgarie est similaire ; le nombre d’avortements a diminué très fortement depuis la chute du communisme, mais il demeure élevé, même comparé à l’Europe occidentale. De plus, ces pays subissent aujourd’hui le déficit démographique causé par les avortements massifs pratiqués pendant les années communistes.
Le vieillissement de la population résultant de cette crise démographique est une cause directe de la crise économique occidentale. Quant à la crise culturelle, elle s’autoalimente par l’avortement qui détruit les familles et blesse profondément l’âme des femmes concernées par ce fléau.
Trois exemples à suivre
Certains pays semblent enfin le comprendre, tels la Russie, la Hongrie et la Pologne, qui adoptent des politiques publiques promouvant la vie et la famille. Ce n’est pas encore le cas de l’Europe occidentale, où l’importation de populations étrangères est toujours présentée comme la seule réponse acceptable à la crise démographique. Le récent rapport présenté par le « Groupe d’éminentes personnalités » du Conseil de l’Europe « Vivre ensemble – Conjuguer diversité et liberté – dans l’Europe du XXIe siècle » (sic) affirme ainsi que « du fait de la démographie européenne et du recul régulier du nombre des actifs par rapport aux personnes à charge, il va devenir inévitable d’accueillir davantage d’immigrés au cours des prochaines décennies ». S’il est vrai que l’immigration peut combler le déficit démographique de l’Europe occidentale, elle ne constitue néanmoins pas une réponse à la crise culturelle à l’origine de la crise démographique.
L’Europe de l’Est, à l’inverse, ne peut pas compter sur l’immigration et doit même lutter contre l’émigration de sa propre jeunesse. L’Europe de l’Est ne peut ainsi compter que sur un regain de vitalité de sa propre population pour surmonter sa crise.
Ces derniers mois, la Hongrie a adopté une série de mesures promouvant la culture de vie et la famille. Sa nouvelle Constitution se fonde sur la dignité humaine et reconnaît le droit à la vie de chacun. Elle protège la vie du fœtus dès la conception, ainsi que la maternité. Elle protège en outre la famille comme « base de la survie de la nation », et définit le mariage comme l’union volontaire de l’homme et de la femme. Afin de lutter concrètement contre l’avortement, le gouvernement hongrois a lancé depuis mai 2011 une